‹ L'occultisme et l'amourChapitre 2 sur 87 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. Définition de Foccultisme. La magie blanche. — II. La théurgie. — \\\. La goétie. — IV. La divination et la science des présages. — V. La Kabbale. — YI. La science hermétique et Talchimie. — Vil. L'astrologie. — VIII. Les doctrines spirites.

D'après YOccull Magazine, rocciiltisme est « la connaissance des principes et des moyens par lesquels rOmniscience et TOmnipotence de l'Esprit, avec sa puissance sur la matière, peuvent être acquises par Tindividu encore vivant sur la terre »,

Pour obtenir cette Omniscience et cette Omnipotence, les adeptes ont cultivé, suivant les époques et les lieux, les diverses branches de cette science sacrée et m3'^stérieuse, branches que nous allons passer rapidement en revue.

La magie blanche est celle dont les moyens et le but, absolument inoffensifs, ne tendent qu'à provoquer des illusions et des prestiges agréables à ceux

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qui sont témoins des phénomènes que sa pratique comporte.

Elle comprend l'illusionnisme, là prestidigitation, la lecture des pensées, les écritures secrètes, les langages sjmaboliques attribués aux fleurs, aux métaux, aux couleurs, etc., certaines combinaisons mathématiques, entre autres le calcul des probabilités, la science des fards et des parfums, etc.

Si incomplète que soit cette énumération, elle surprendra bien des personnes qui ne se doutaient guère de leurs talents magiques et qui faisaient de la magie bhmche sans le savoir, absolument comme ce bon M. Jourdain faisait de la prose.

La magie blanche ne consiste guère qu'en trucs enfantins, en combinaisons puériles.

Mais, c'est précisément cette extrême simplicité des moyens de la magie blanche qui en fait le charme pour les initiés. Du reste, cette même'simphcité, si dédaignée lorsque le petit mystère est déyoilé, cette enfantine combinaison, cette ridicule énigme résisterait des années et des années à vos savants efforts. Il en est d'elle comme du mot des serrures à secret qui donnent cinquante à soixante mille arrangements divers défiant la perspicacité des plus intelhgents malfaiteurs.

Une personne non initiée n'arrivera jamais à découvrir la clef du fameux tour de cartes consistant à reconnaître celles que vous avez pensées, clef qui n'est autre que le rapport existant entre les lettres des quatre mots bien connus : Mutus dédit nomen cocis.

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Elle ne pourra non plus savoir qu'un rival heureux a donné un rendez-vous pour le lendemain après midi, à cinq heures, telle rue, tel numéro, tel étage, à la jolie personne qu'elle n'a pas quittée d'un instant, si elle ignore la signification du bouquet négligemment laissé sur la table ou de tel arrangement dans le vêtement, la coiffure, le port des gants, de la canne, du chapeau, etc.

De même, elle pourra lire une lettre de quatre pages sans y trouver le moindre sens que celui des phrases qu'elle vient de parcourir, alors. que Tinitié y verra précisément tout le contraire et cela sans le moindre effort.

D'ailleurs, il suffit de relire les auteurs grecs et latins pour se rendre compte de l'importance que cette branche de la magie blanche occupait dans les stratagèmes d'amour, et se bien persuader de son indéniable puissance.

Les amoureux de tous les temps, de tous les pays, ont eu recours d'instinct à ces moyens, disons nettement à ces charmes, pour augmenter leur pouvoir et contrebalancer les influences contraires à leurs plus chers désirs. ~

Les théurges, notamment Plotin, Porphvre, Jamblique, Julien l'Apostat définissaient la magie l'invocation des démons bienfaisants pour procurer du

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bien aux hommes par opposition à la goétie oii Tin- Yocation des démons malfaisants avait pour but do nuire aux mêmes honmies. De là le nom de cette seconde branche de la magie : théurgie ou magie bienfaisante. A la théurgie se rattachent la fabrication des amulettes, talismans, les cures merveilleuses dues à Tintervention des puissances célestes. De l'antiquité païenne, elle a passé dans les religions nouvelles, et aux divinités bienfaisantes des anciens ont succédé les anges, les saints, les esprits supérieurs et inférieurs, les sylphes, les fées, etc. Elle met en pratique les mvstérieux svmboles de la kabbale.

« Les théurges, dit M. Bonnamy, attribuaient h leurs symboles et à leurs cérémonies la puissance divine dont ils se croj^aient revêtus et les anciens héros, Jason, Castor, Pollux, Hercule, n'avaient réussi que parce qu'ils avaient été initiés. »

La goétie est Tensemble de la plupart des opérations de la magie noire.

Après rinoffensif, le nuisible. Après le sourire des roses et le muet langage des marguerites, voici le sinistre rictus des belladones et des jusquiames; après la tiédeur parfumée des boudoirs, où la belle se pare pour la conquête de l'amant, voici la lune blafarde et le ciel blême des nuits de sabbat, où le

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UiN MOT SUR L OCCULTISME 5

huliilemeiit de l'orfraie remplace le chant de Talouette.

Marquardt^ expose, dans son livre sur la religion romaine, les principaux buts de la magie noire : causer des dommages aux biens ; nuire aux personnes, en provoquant les maladies, la démence ou la mort; séduire par des philtres amoureux; deviner l'avenir en évoquant les morts et en conjurant les esprits; évoquer les esprits vengeurs, faire de l'or.

Tout ce que les superstitions réunies, superposées, multiphées .pendant des siècles d'ignorance, ont pu créer de monstrueux, se trouve compris sous le vocable de magie noire ou goétie.

A côté des actes et des formules que révèlent certains grimoires, les inventions les plus effroyables des maîtres du fantastique en littérature et en art sont de pauvres et naïves berquinades. Il 3^ a dans le lugubre défilé de ces insanités une épouvantable révélation. Dès les premières lectures, le malaise et la nausée vous saisissent. L'impression que l'on éprouve a quelque analogie avec celle que ressentirait un homme délicat se trouvant à déjeuner dans un amphithéâtre de dissection. Le relent d'une inqualifiable cuisine se mêle aux acres senteurs des pharmacopées immondes, à la puanteur des sépultures violées.

En somme, la goétie est, — ou plutôt a la prétention d'être, — la science du mal.

C'est elle qui guide le sorcier dans ses opérations

1. Le cullc chez les Romains, traduction Brissaut, t. T", p. 134

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criminelles; elle régit les assemblées du sabbat; elle préside aux envoûtements, aux crimes occultes > Son codex est effroyable, son arsenal est ignoble. Ce no sont qu'herbes empoisonnées, llenrs empoisonneuses, animaux immondes, os de morts, graissesde cadavres, dépouilles de suppliciés. Tout sy passe, la nuit, aux heures fantomatiques, de préférence par des temps affreux, alors que la pluie et le vent font rage.

Ses sectateurs aiment à opérer dans les cavernes,, les antres, les grottes, les souterrains, les cimetières, les charniers, les ruines des anciens châteaux ou des anciens cloîtres, les places sinistres oii s'élèvent les gibets et les échafauds. Ils se cachent quelquefois ii l'ombre des forêts et tiennent leurs assemblées à quelque carrefour tristement célèbre dans les fastes de l'assassinat. Les Icindes désertes,, les plaines désolées où s'alignent les pierres druidiques leur conviennent aussi. De là, sans doute, ce.slégendes de la Bretagne et du Berrv, qui racontent les processions de spectres et les congrès de fantômes entrevus dans ces paysages fantastiques.

Les auxiliaires de la goétie ne sont guère plusrecommandables. Ce sont les démons, les diables,, lés fantômes, les larves, les spectres, les vampires,, les goules, les stryges, les incubes, les succubes,, toutes les chimères enfantées par la superstition et l'ignorance.

(( Les magiciens goétiques, dit M. Bonnamy, nes'adressaient aux divinités malfaisantes et vicieusesque pour nuire et pour exciter des passions déré-

glées. Dans la théologie païenne comme dans la magie, on reconnaissait des divinités qui non seulement autorisaient des passions, mais qu'on n'honorait même que par des actions qui étaient Teffet de ces mêmes })assions. Les prostitutions régnaient dans le paganisme comme un acte de religion agréable à certaines divinités. Les prières faites à Vénus et à Gupidon, pour allumer le feu d'un amour impudique, écoutées favorablement, font voir la conformité du système de la religion avec celui des magiciens persuadés qu'il j avait des divinités auxquelles on ne plaisait que par des crimes. »

Les adeptes de la goétie sont encore nombreux. Nos campagnes en sont pleines et on signale parfois des faibles d'esprit que ces pratiques ont poussé au crime. 11 y a en elles un charme malsain qui attire facilement les mj^stiques et les débiles, et c'est quelquefois la cause accidentelle qui les fait verser définitivement dans la fohe.

Aussi, les maîtres occultistes recommandent à leurs prosélytes l'oubli de tout sentiment personnel, la sobriété, la chasteté, l'amour du prochain. Les voiles qu'il ne faut pas chercher à soulever, le^ limites qu'il ne faut pas franchir sont ce qui sépare la science vraie de ces immondes expériences. S'engager dans cette voie, c'est prendre le chemin de la fohe ou de la mort. Il est, en effet, chez certains individus des états d'âme oii les formules et les rites de la magie noire peuvent devenir dangereux. Science du mal et de la haine, elle déchaîne les mauvais instincts, soulève la tempête des passions. Il n'est pas rare alors

que la conscience sombre et que rintelligence se trouble.

Ajoutons encore que, la plupart du temps, la pratique de la goétie n'allait pas sans une connaissance approfondie de la toxicologie. CV.st en faisant appel à cette science criminelle, que les sorciers d'autrefois se rendaient si redoutables, semant autour d'eux et la terreur et la mort.

Les giints empoisonnés, les lampes aux flammes meurtrières, les livres aux feuillets contaminés par les substances les plus dangereuses, les sachets mortels, les bagues traîtresses, les pommades et les fards mêlés de sucs vénéneux augmentaient à propos Tefficacité de leurs incantations lorsqu'il s'agissait de se défaire d'un ennemi, d'un rival, d'un témoin dangereux... ou simplement d'entrer en possession d'un héritage trop lent à venir.

La divination est la science des présages. Son origine se perd dans la nuit des temps. Elle est de la plus haute antiquité. Elle s'appliquait à tous les intérêts humains, depuis le sort des empires jusqu'aux infimes amours des esclaves, depuis les oracles des Pythies, inspirées par Apollon lui-même, jusqu'aux balivernes du devin ambulant, exerçant son art grossier pour quelques gousses d'ail ou quelques poi- 2:nées de riz.

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Le domaine de la divination est immense. Tout, en effet, peut être interprété comme présage : le vol et le chant des oiseaux, la situation et la nature des animaux rencontrés sur la route, les vêtements des^ personnes que l'on croise, les paroles insignifiantes et sans suite qui vous frappent quelquefois, les pressentiments qui vous agitent, la forme des nuages, le paragraphe d'un livre lu par hasard, et surtout les rêves.

Les augures romains observaient le chant des oiseaux et les aruspices consultaient leur vol. Au Capitole on consultait les oies sacrées et des poulets sacrés suivaient les armées pour qu'on pût chaque jour en tirer des auspices et des présages. Les aruspices cherchaient aussi la révélation de Tavenir dans les entrailles des victimes, hosties animales offertes aux dieux. Les aruspices fulgurateurs tiraient des présages delà foudre lancée par Jupiter.

Quand la patrie était en danger, les pontifes, le front ceint des verveines sacrées, après avoir invoqué les dieux, ouvraient les livres sibjdlins et ils trouvaient toujours dans ces poésies obscures et ambiguës une réponse appropriée aux circonstances et aux événements.

On pourrait, faire rentrer dans cet art de la divination la graphologie (étude divinatoire des caractères graphiques), la chiromancie (divination d'après les lignes de la main), la plirénologie (d'après les formes et saillies du crâne), la chirognomonie (étude des traits du visage), la cryptographie ou science des écritures secrètes.

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Les consultations au moyen du marc de café, des; œufs, de la cire et du plomb fondus, rentrent également dans le domaine de la divination. On y voit figurer aussi les opérations des chercheurs d'eaux et de trésors, avec leur légendaire baguette de coudrier.

Cette branche des sciences occultes est celle qui a suscité le plus de charlatans et d'exploiteurs. Rien nVst plus facile, en effet, avec un peu d'aplomb, que d'en imposer aux naïfs en leur donnant une exphcation quelconque d'un songe qui les préoccupe ou d'une rencontre qu'ils pressentent désagréable.

Ibn-Khaldoun^, au contraire, voit dans la divination uniquement (( une opération <Ie l'àme qui, par suite d'une disposition innée, se dépouille de la nature humaine pour se revêtir de celle des anges, et cela pendant un instant plus court qu'un clin d'œil. »

La Kabbale (ce mot signifie httéralement tradition) coniprend l'ensemble de la doctrine ésotérique. C'est, pour ainsi dire, le formulaire de l'occultisme. Chaque mot, chaque phrase de ce livre mystérieux ne comporte pas moins de trois sens différents : le sens littércil, le sens figuré, le sens ésotérique.

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