lits/., 1. Il, chap. i.xxix
Gôrres sur le vampirisme. Dans le chapitre spécial de sa Mystique^ cet auteur affirme avoir la conviction que, « puisque riiomme vivant peut communiquer à distance à un autre homme des émanations de sa propre vie, lesquelles sont sahitaires ou pernicieuses, il pense aussi qu'un cadavre peut exercer lui-même une influence, car si un filet d'eau caché dans la terre agit à distance sur Thomme, il doit en être de même du cadavre et ceci explique le vampirisme )).
Notons, en passant, que cette citation étabht la croyance du célèbre occultiste à la télépathie et à Textérioriscition de la sensibilité. Sa conception toute spéciale de la mort lui permet de donner une explication ingénieuse des phénomènes du vampirisme. M. Bizouard a très nettement analysé ce passage :■ « La vie végétale, selon Gôrres, dit-il, empêche le sang du mort de se coaguler. La rougeur des joues est comme une fleur de la mort que pousse un reste de vie... Quant à leur action sur les vivants, les vaisseaux capillaires du mort développent un surcroît d'énergie parce que la vie végétale qui semblait arrêtée y reparaît avec force ; mais le cadavre, s'étant mis en rapport avec sa sdctime, produit chez elle un effet contraire au sien comme l'aimant qui se donne dans le fer un pôle oppc'sé.
«... C'est une action nerveuse exercée à distance qui établit un rapport entre le vampire' et le malade; tant que le premier n'est pas décomposé, le virus qu'il conservait cherche un organisme en rapport harmonique avec lui pour lui communiquer sa propre contagion... De même que le métal enfoui et l'eau
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.souterraine cherchent la himiëre, cehii qui vit de la vie végétale cherche sur la terre à remuer les liens qui lui sont chers. C'est le même rapport qu'entre magnétiseur et magnétisé; alors, l'homme vivant se trouve possédé par le mort^. »
A quelle époque remonte la sinistre légende qui se forma autour de ces spectres avides de jouissances et de sang? A quelle cause attribuer la création de ces épouvantails des nuits ? S'il fallait en croire Jules Bois, le christianisme nciissant en aurait été Tauteur inconscient et le propagateur, et cela, à la suite des luttes continuelles livrées entre les premiers Pères de TEglise et le démon.
(( Les saints, surtout les premiers ascètes, dit Tauteur du Safanisme et de la Magie, furent harcelés par l'atmosphère des antiques courtisanes défuntes ; le vent de rut sortant des sépulcres entrouverts, fils de ce paganisme qui longtemps nous représenta Eros la torche à la niain pour sjmboliser l'existence sous le sohûl et la torche éteinte pour dire l'existence des ombres.
(( La Légende dorée cite un prêtre qui, assailli par une fenmie nue, jeta sur elle une étole. Sous le vêtement sacré resta un cadavre que la fraude de Satan avait pour quelques heures ressuscité.
« En fait, cette lutte du vivant contre la mort amoureuse, lutte qui souvent se termine par des noces, date de l'avènement du Christ-. »
Bien que ces Hgnes contiennent une erreur évi-