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Loi d’ Analogie

La loi d’analogie (1) est la première vérité formulée, bien que sous une apparence obscure, par la Table d' Emeraude : — « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas [pour faire les miracles d’une seule chose] ».

C’est l’application universelle de ce principe qui a donné à la science antique cette unité de vues que nous ne connaissons plus, et une vaste synthèse que la nôtre est impuissante à reconstituer : pour elle, il y avait analogie

(1) Il ne faut pas confondre l'analogie avec la similitude, ce sont deux choses absolument distinctes : la lumière est analogue à la vie sans lui ressembler aucunement.

en tout, et, le point d’analogie trouvé, la solution du problème posé s’ensuivait naturellement et logiquement ; pour elle, étudier l’homme, c’était étudier l’univers (l) ; pour elle, connaître la cellule, c’était connaître Dieu ; pour elle, en un mot, tout est dans tout : de là, chez elle, cette grandiose synthèse qui embrassait tout.

Il est certain, car la meilleure théorie peut présenter des points faibles, que, au point de vue de la ratiocination pure, l’analogie n’a jamais présenté la rigueur d’jm syllogisme : elle n’y prétend d’ailleurs pas. Mais il convient de reconnaître que, judicieusement appliquée, elle ouvre a toute étude des horizons sans fin et des points de vue toujours nouveaux. Or, n’est-ce pas la question capitale dans tout labeur scientifique ? N’est-ce pas, pour n’en citer qu’un exemple contemporain, une heureuse application de la loi d’Ànalogie qui a donné tout son essor à la stéréochimie et amené toutes les découvertes qui en ont été la suite — la suite fatale, pourrait-on dire, puisque dans chaque schéma d’organisation, on voit les points où doivent se chercher et se découvrir les corps encore inconnus ? Et n’est-ce pas encore le jeu inconscient de la loi d’analogie qui a conduit, en physiologie, les professeurs Bouchard, Beaunis et Mathias Duval à remplacer les vieilles méthodes erronées, par l’application des principes de physique et de mathématique à l’étude des phénomènes physiologiques ?

D’autre part, il y a, en occultisme, un axiome d’analogie : — Connaître V atome, c’est connaître l'univers — qui a longtemps suscité les moqueries des savants en place : — comment, disaient-ils, un atome inerte peut-il présenter une ressemblance quelconque avec les systèmes cosmiques dont la caractéristique est un ensemble de mouvements vertigineux ? Et voici que les travaux d’un

(1) Elle regardait l'homme comme un monde en petit ( microcosme ) et l'univers comme un monde en grand ( macrocosme ).

chimiste suédois, Arrhénius, sur l’électrolyse, nous montrent précisément l’atome comme un univers en petit, ayant son soleil (noyau) autour duquel ses planètes (électrons) sont animées de mouvements qui ne le cèdent en rien, comme vitesse à ceux des corps célestes.

Grâce à ce principe d'analogie, la Science antique se résumait en un seul point qui était l’étude de l’énergie universelle dans ces diverses manifestations : dans la vie en général, qui en est la manifestation à la fois première et principale en même temps qu'elle est la base de l'univers, elle créait les sciences physiogoniques et cosmogoniques ; dans l’homme, les sciences anthropogoniques ; et enfin, dans Dieu, les sciences théogoniques.

D'autre part, cette loi d’analogie l'amenait à procéder en tout par un raisonnement identique, de l’atome invisible à l’insaisissable immensité. C’est ainsi que pour elle la cellule (qu’elle ne connaissait naturellement pas sous ce nom moderne, mais sous d’autres appropriés), était bien le même objet que nous appelons ainsi, puisqu’elle était douée de vie, et constituait l’homme par sa réunion avec d’autres cellules ; l'homme à son tour était une cellule de la terre ; la terre, une cellule du monde ; le monde une cellule de notre système planétaire ; et chacun de ces soleils (centres de systèmes planétaires différents) que sont les étoiles constituait une cellule de Dieu.

N’est-il pas vrai que ces deux simples aperçus donnent à la Science antique un aspect de grandiose unité auprès de laquelle la nôtre, divisée et subdivisée à l’infini, ne paraît plus qu’une poussière de science ? Il suffit d’ailleurs de lire Platon — un initié — pour se rendre compte qu elle embrassait tout (1), et Pythagore — un autre

(1) Un exemple concret fera encore mieux comprendre cette loi d'analogie : c'est la comparaison entre la vie et la lumière. La vie nous paraît toute différente dans l'homme, le mollusque, le chêne, l'algue, etc., si différente que nous finissons par nous refuser à la voir dans le minéral

initié — pour savoir à quel point elle creusait le sujet qu’elle touchait (1).

IL — Double loi du Ternaire et de la Série.

Tout procède par trois : Dieu est tri -un : Esprit, Essence, Energie.

L’univers est tri-un : Plan divin, plan astral, plan physique.

L’homme est tri-un : Esprit, âme, corps.

En tout, pour qui sait observer, il y a trois éléments et l’analyse de quoi que ce soit aboutit à ces trois éléments : — un nombre, par rapport à un autre nombre, ne peut lui être qu’égal, supérieur ou inférieur ; — trois termes constituent une famille : père, mère, enfant ; — un acte humain quelconque résulte de trois mises en œuvre successives : cerveau, nerfs, muscles ; — trois périodes produisent une existence : naissance, vie, mort ; la fructification présente trois phases : bourgeon, fleur, fruit ; etc.

De cette loi résulte la loi de série, qui est souvent confondue avec elle tant elles ont des liens communs, et qui s’énonce: Deux extrêmes présentent toujours un intermédiaire moyen qui résulte des extrêmes, et les trois termes ne constituent que les degrés différents d’un même ensemble.

Et cette loi primordiale est très exacte, puisque nous la retrouvons maintenant encore dans toutes nos études,

où cependant il est maintenant démontré qu'elle existe ; mais si on la compare analogiquement avec la lumière, on la comprend immédiatement partout : vue à travers un prisme, la lumière nous apparaît différente d'elle-même, suivant l'épaisseur du cristal qu'elle traverse : le rouge, le bleu, le jaune, sont toujours de la lumière ; de même la vie nous paraît dissemblable d'elle-même selon qu'elle est plus ou moins obnubilée par la matière mais c'e9t toujours de la vie.

(1) En mathématiques, Pythagore professait des théories si profondes, sur les propriétés des nombres, qu'à notre époque elles sont incompréhensibles — sinon pour les mathématiciens de vaste envergure tels que Hoené Wronsky. — J'aurai. d'ailleurs à en parler plus loin.

l’occultisme et la science

mais sans y faire attention et sans lui accorder l’importance quelle mérite. — En électricité, nous avons le positif, le négatif et le neutre. En mécanique, nous avons l’attraction, la répulsion et l’équilibre ; la statique, la cinétique, et, dans la statique, la cinétique moléculaire. Dans l’aiguille aimantée, le pôle nord, le pôle sud et la partie médiane, neutre. En chimie, l’acide, la base et le sel. En physique, le ternaire abonde : — lumière, ombre et pénombre — Chaud, froid, tempéré — Etat gazeux, état solide et état liquide — Contraction, dilatation et équilibre — dans l’espace nous avons la largeur, la longueur et la profondeur ; en mathématiques : diviseur, dividende, quotient ; et multiplicateur, multiplicande, somme ; dans le temps, présent, passé, avenir ; en grammaire, la personne qui parle, celle à qui l’on parle et celle de qui l’on parle ; en logique (syllogisme) : la majeure, la mineure et la conclusion ; en théologie, le Père, le Fils et l'Esprit ; dans la nature : l’animal, le végétal, le minéral ; dans le corps, la tête, la poitrine et le ventre, etc.

Donc, en tout, il existe trois termes : l’actif, le passif qui est son contraire, et le neutre que produisent l’action et la réaction des deux extrêmes l’un sur l’autre. Cette loi est en. tout d’importance capitale ; elle préside même, sans que nous nous en doutions, aux recherches scientifiques en nous montrant qu’entre l’abstrait et le concret, entre la pensée et la réalisation, entre la théorie et le fait, il existe toujours un indispensable intermédiaire qu’il s’agit de trouver : entre l’ouvrier et l’œuvre, il y a l’outil de même que!, pour l’homme qui veut l’enfant, il faut d’abord la femme.

Et cette loi du Ternaire ramène tout à l’unité, puisque, en tout, elle voit le principe , la loi qui en découle et le fait qui réalise la loi, ce qui lui permet d’établir trois plans dans l’univers, le plan des principes ou plan divin,

où tout se crée en principiation ; le plan des lois, où tout s’organise ; le plan des faits, où tout est réalisé ; et, en d’autres termes : le plan divin où réside le principe des principes ; le plan astral où œuvrent les Intelligences Directrices, aides divins, aidés eux-mêmes par des intelligences plus inférieures, et enfin le plan physique que domine l’homme.

On voit tout de suite la grandeur dune telle conception.

Résultat d’une intuition profonde et d’une illumination synthétique, cette idée embrasse Finfiniment grand et l’infiniment petit. Elle nous révèle que l’homme n’est pas « un accident éphémère à la surface du néant », comme l’a dit élégamment et légèrement, E. Renan dans sa lettre à Berthelot, mais que l’Archétype humain est à la fois le modèle et le but de l’univers. Cette idée, qui se trouve dans toutes les anciennes mythologies, est clairement exprimée dans la doctrine de Krishna, comme dans la Genèse de Moïse et dans l’Evangile de Jean.

Dans la suite des temps, elle se précisa. On découvrit que la trinité humaine (corps, âme, esprit) correspond à la trinité cosmique ( monde naturel, monde humain , monde divin ) et à la trinité divine ( Esprit , Essence, Energie- Vie).

Au xvie siècle enfin, l’illustre médecin et thérapeute Paracelse constata, par des expériences accumulées, que l’être humain physique se compose d’un corps physique (opaque et pesant), d’un corps aithérique (vital et fluidique), et d’un corps astral (radiant et lumineux) siège de l’âme, qui forment son corps vivant en se compénétrant tous les trois, mais que domine et centralise le moi conscient. Cette idée, qui s’applique à tous les êtres et à tous les mondes, est donc bien le pivot de la doctrine occulte et la clé du kosmos. C’est d’elle que découle la loi des analogie T universelles et différenciées, lanterne magique dont les rayons plongent dans l’infini. Ses applications

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nuancées selon les zones qu’elles éclairent sont aussi fécondes qu’innombrables (1).

De cette loi du ternaire en dérivent d’autres qui ont aussi leur importance, et dont les trois principales sont la loi de la Polarité, la loi d’adaptation, la loi du retour à l’unité, et, ensuite de toutes celles-ci, la loi des nombres.

Je ne dirai rien de la loi d’adaptation qui, dérivée à la fois de la loi d’analogie et de la loi du ternaire, s’explique d’elle-même pour qui a compris ces deuxlois.Pour les autres, chacune d’elles va être succinctement expliquée.

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