CHAPITRE PREMIER
« Les serviteurs de Melpomèoe », pour parler le style du temps, étaient : MM. Joanny *, « fe Talma des départements », un tragédien de grand talent, que des créations importantes, à Rouen et à Bordeaux, avaient mis en lumière, et qui devait se faire rapidement à Paris un nom dans l'emploi des grands premiers rôles ; Victor, expensionnaire du Théâtre-Français, premier rôle aussi, beau, instruit, doué de qualités admirables, semblait destiné à un grand avenir ; une susceptibilité exagérée, un caractère sans souplesse Téloignèrent bientôt d'une carrière où il avait superbement débuté; David % ex-pensionnaire du Théâtre-Français, venant de Lyon, jeune premier excellent, plein de chaleur et de grâce ; Provost', ex-élève de l'école de déclamation, professeuradjoint au Conservatoire, chargé des traîtres à vers alexandrins, des grands-prêtres de tragédie, un comédien utile déjà, qui devint plus tard, après avoir traversé tous les emplois avec des alternatives diverses, le grand artiste que Ton sait; Eric- Bernard, rois et grands rôles, élève de l'école de déclamation, venant du grand théâtre de Bordeaux, avait débuté à la Comédie le 6 novembre 1817; tragédien de haute taille, un peu froid peut-être, mais d'un talent estimable; Lafargue, qui venait du théâtre de la Gaîté où il avait eu les plus grands succès
4. Brisebarre dit Joanny, né à Dijon, le 2 juillet 4775, sociétaire de la Comédie-Française, mort en 4849, avait été soldat comme son ancêtre La Tborillière, et avait deux doigts mutilés à la main gauche.
2. Sociétaire de la Comédie-Française, mort à Paris, en octobre 4 866.
3. (J.-B.-Fraoçois), né à Paris en 4198, sociétaire de la Comédie- Française, mort en décembre 4865.
et fait a œuler tant de larmes v : cet artiste, chargé de remploi des pères nobles, aurait certainement acquis une grande renommée au théâtre, si la mort ne l'en eût arraché prématurément; Thénârd jeune S troisièmes rôles et grands confidents, comédien usé, « dans la Torce de son talent il était médiocre ! »; Duvemoy, ex-pensionnaire du théâtre de la Gaité, seconds rôles.
Mesdames : Kleber, élève du Conservatoire, était ' chargée de l'emploi des reines; Laroche, ex-pension-
! naire du Théâtre- Français, des grandes princesses;
! Perroud, des jeunes premières; Dufresnoy, des grandes
: confidentes; Cazaneuve, des secondes confidentes.
Les c( desservants du temple de Thalie » étaient : MM. Valmore, premier rôle, venant de Bruxelles, ci-devant pensionnaire du Théâtre-Français, acteur distingué ' ; David et Provost, déjà nommés ; Chazel, secrétaire du théâtre, plein de rondeur et de zèle dans les financiers et paysans, mais malheureusement sur le retour; Perroud, grime de talent; Armaq^ Dailly, régisseur : de la naïveté, du mordant, de la gaieté, excellent dans les seconds comiques; Samson, un grand artiste, un peu froid peut-être, mais si fin, si plein de naturel et de distinction dans le comique; Thénard, Duvemoy, déjà nommés; Duparai, deuxième financier, un vieux comédien d'un naturel admirable, que la Comédie-Française prit trop tard
4. Fils de Grammont-Nourry, qui périt sur réchafaud en 4793. (Voir notre premier volume).
2. Marié, depuis 4847, avec Marceline Desbordes, qui fut le charmant poète que Ton sait (M"** Desbordes-Valmore.)