CHAPITRE X. m
Pendant les vacances, la salle de l'Odéon servit à des représentations extraordinaires, dont trois mérilent d'être signalées : le ft avril, au bénéfice et pour la retraite de Jenny Vertpré, avec Rachel dans Bajazet, 10,000 fr. de recette; le 20, bénéfice de Massol, avec Duprez dans Guillaume Tell; et le 30, bénéfice de Rachel, avec la bénéficiaire dans Hermione et Dorine.
Le i""' octobre y réouverture du Théâtre- Italien, par Otello et la Cenerentola.
Le 24 décembre, Inès de Castro, opera-seria en trois actes, musique de Persiani, paroles de Coppola (Rubini, j^rne Persiani}, fut la seule nouveauté de cette saison, qui finit, comme la précédente, au 31 mars.
Le i®' avril 1840, la direction passe entre les mains de M. Charles Dormoy, qui dépense 300,000 fr. pour la restauration de la salle; le loyer (70,000 fr.) est mis à sa charge, indépendamment d'un cautionnement de 60,000 fr.
Par son cahier des charges, M. Dormoy fut tenu de faire jouer exclusivement les deux genres d'opera-buffa et à! opera-seria pendant au moins six mois de Tannée, du 1*"' octobre au 31 mars ; il pouvait faire jouer, du 1®' avril au 30 septembre, des opéras italiens et d'autres opéras étrangers, et ne pouvait maintenir le Théâtre- Royal-Italien dans la salle de TOdéon que si le loyer demandé pour une autre salle était trop élevé, et si les conditions de cette location étaient trop onéreuses, ce que le ministre se réservait d'apprécier*.
1. Arrêté du 27 avril 4840. — Â cette époque, TOdéon faillit deve-
Le nouveau directeur ne voulut pas de subvention, eut d'excellents artistes qu'il .paya très cher, et cependant maintint la prospérité financière du théâtre.
Pendant les six mois qui précédèrent la réouverture, rOdéon fut encore le théâtre de quelques soirées extraordinaires, parmi lesquelles nous citerons :
Le samedi saint i8 avrils représentation de retraite de Faure, après trente-deux ans de service : BajazeC^ par Rachel, Beauvallet, Maillart, et Valérie, par Régnier, Volnys, M""' Mante et Plessy, 5,600 fr. de recette; — le 7 maiy bénéfice de Louis Monrose, dont l'engagement à la Comédie n'est pas renouvelé : VEpreuve nouvelle et le Mariage de Figaro, avec Monrose père dans les deux pièces, M"* Mars dans la seconde, 3,609 fr. de recette.
Le i" octobre, reprise des représentations italiennes; l'avènement du nouveau directeur est brillamment inauguré par les débuts du ténor Mario S marquis de Candia, dans Polione de Norma, qui furent un véritable événement (17 octobre), et Lucrezia Borgia^ opera-seria en trois actes de Donizetti, par Mario, Tamburini, Lablache etM"^Grisi (31 octobre).
nir Bibliothèque des Écoles, Le roi le voulait ainsi ; les plans étaient faits. Ce fui grâce aux efforts de M. Delanneau, directeur du collège Sainte-Barbe, et alors maire de Tarrondissement, qu'il conserva sa destination première. On avait aussi parlé d*en faire un réservoir ou fontaine publique, et de mauvais plaisants ajoutaient qu'on commencerait par y laver toutes les ordures qu'on y avait jouées depuis vingt ans.
4 . Né à Turin en 4 808, Mario venait de l'Opéra, où il avait débuté dans Robert le Diable (S décembre 4838).