‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 132 sur 221 · CHAPITRE XII. J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. J

proclamant le drame mort et la tragédie ressuscitée à jamais. Ce feu de paille s'éteignit rapidement. Lucrèce était une œuvre consciencieuse, une belle étude latine, une œuvre remarquable en plus d'un point, si Ton veut ; mais l'esprit de camaraderie et de réaction ne put jamais élever ce succès, mérité à, beaucoup d'égards, jusqu'à la hauteur d'un événement littéraire considérable.

Le dd maiy au bénéGce d'Edouard, le doyen des artistes, l'Hameçon de Phénice, comédie en un acte, en vers, imitée de Lope de Vega, par M. Hip. Lucas, réussit (Pierron, L. Monrose; M"""' Berthault et Broux), ainsi que la Famille Rennêvillè, comédie-drame en trois actes, en prose, de MM. Léonce et Moléri. (Pierron, A. Génies, Pérez; M"^ Volet et Payre.)

Le 22 mai^ Mademoiselle Rose, comédie en trois actes, en prose, dans le goût de Picard, due à la collaboration ordinairement heureuse de MM. A. Royer et G. Vaëz, n'obtint qu'un demi-succès. (L. Monrose, Saint- Léon; M"" Weiss, Morales, Volet et Berthault.)

Le 25 mai, au bénéfice de Bouchet, la Jeunesse de Luteier, drame en un acte, en vers, de Michel Carré, obtint un succès complet. (Bouchet.)

Le d6 juin, fermeture annuelle quinze jours avant la date ûxée par le privilège.

Une subvention de 60,000 francs est enfin votée. Le zèle et l'activité de Lireux redoublent ; il donne coup sur

no L'ODÉON.

coup quatre-vingt-huit actes nouveaux, sans compter les reprises et les débuts, et cela au milieu d'ennuis de tous genres : procès, réclamations, etc., suscités par la liquidation de la société fondée en 1841.

Le 28 septembre j réouverture avec : l^'un Discours de Rentrée^ en vers, de M. Camille Doucet, débité par L. Monrose, dans lequel on faisait allusion, en ces termes, à la nouvelle subvention :

Ses finances, messieurs, sont enfin en progrès ; Car les représentants de tous les intérêts Ont fait en sa fayeur un acte académique, En lui votant, au nom de la France artistique, A la majorité de deux voix ... un trésor!

Soixante mille francs.... la moitié d^un ténor! C*est peu, me dira-t-on 7 C'est beaucoup ; c'est la vie, C*est rhonneur; TOdéon accepte et remercie.

^^ Le Médecin volant, de Molière*; 3° la ÛO"'* représentation de Lucrèce^ avec Ballande dans le rôle créé par Bocage, M^** Maxime dans celui de Lucrèce, et M"*' Dorval dans le rôle de Tullie, qui convenait mieux à son talent. La tragédie de Ponsard avait déjà épuisé la curiosité publique, cette reprise n'attira presque personne.

Le lendemain 29 septembre, l'École des Princes, comédie en cinq actes, en vers, de Louis Lefevre. Rien de plus vertueux et de plus ennuyeux aussi que celte pièce, qui obtint cependant un demi-succès honorable. (Milon, Rey, Darcourt, Derosselle, Pierron, Barré, Pérez; j|mc. pgyj.^ gj Naplal.)

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