‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 140 sur 221 · CHAPITRE XIII. S3f · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. S3f

espèce d'illusion sur cette œuvre, fit la dépense de quel^ ques flammes de Bengale par acquit de conscience : « Ce « que nous pouvons dire de cette tragédie, écrit Théoce phile <}autier, c'est que nous y avons survécu. D'au- (( 1res spectateurs ont donné à la fin signe de vie, mais « le^ malheureux n'avaient plus que le souffle ^ » (Bouîhe^; Bouvière; M"* Maxime.)

i2 mai, Arsène Houssaye donne une petite comédie un acte, en prose : les Caprices de la marquise*. badiuage, écrit dans un s(yle aimable, fut très bien jueilli. (Bey, Baron; M"* Payre.) Le iS mai, la Cigdë, comédie en deux actes, en vers, [Emile Augier. Le directeur de l'Odéon avait deviné et icé Ponsard ; d'où vient qu'il donna sans tambour ni impette, sans convocation sérieuse de la presse, preste sans publicité préalable, cette charmante comédie, ^but brillant du plus illustre auteur dramatique contem- •ain? La Ciguë, refusée brutalement, dit-on, par |oz à la Comédie-Française, semblait de ces pièces t-nées qui réussissent devant les amis de l'auteur et li disparaissent en quelques jours sans laisser de tra- ^s. Les journalistes, égarés dans la vaste salle de l'Odéon, Irenaient des poses nonchalantes et résignées. « Nous étions comme Socrate, préparés au poison » , dit Jules Sandeau dans son feuilleton de la Revue de Paris. Dès les premiers vers, on s'aperçut que l'on avait affaire à quelqu'un, et que le petit-fils de Pigault-Lebrun ferait

4, Feuilleton théâtral de la Presse.

t. Imprimée dans Philosophes et Cotnédiennes, p. 22^25.

honneur à son grand-père. Le succès fut très vif. Dans les journaux on proclama la Ciguë une délicieuse pièce rappelant le Timon d'Athènes de Shakespeare pour le fond, la manière d'André Chénier pour la forme, et son auteur, un écrivain dramatique du plus grand avenir. La prédiction cette fois devait se réaliser. (A. Mauzin, L. Monrose, Bouchet ; M"^ Volet.)

Le 21 maij autre grand succès littéraire avec Antigone, tragédie en cinq actes, en vers, traduite de Sophocle, par MM. Paul Meurice et Auguste Vacquerie. On représentait alors à Berlin, avec les chœurs de Mendelssohli et selon la tradition du théâtre antique, V Antigone grecque. Paul Meurice, en traversant la Prusse, vit ce beau spectacle et en fut frappé; de retour en France, il voulut donner au public parisien une idée de la grandeur et de la beauté d'un tel divertissement. En moins d'un mois, aidé par Lireux qui, il faut le reconnaître, se prêta avec enthousiasme à cet essai, tout se trouva prêt. M. Auguste Morel, chef d'orchestre de l'Odéon, se chargea des chœurs et de leur arrangement. Louis Boulanger dessina les costumes, et la mise en scène allemande, c'est-àdire grecque, fut fidèlement exécutée. Le théâtre et la salle furent bouleversés. On supprima le rideau d'avantscène qu'on remplaça par un châssis représentant une décoration grecque. La scène fut divisée sur sa longueur en deux parties : celle du fond fut exhaussée, celle du premier plan laissée beaucoup plus basse. Ces deux parties furent séparées à droite et à gauche par des degrés permettant aux personnages d'entrer, de sortir et de pénétrer

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