CHAPITRE XV. Î
déjà sufGsanirueDt lourde. Ce spectacle, iDtéressant en somme, fit peu d'argent ; on commençait à trouver qu'Hippolyte Lucas, fort expert dans l'art des adaptations, en abusait un peu trop : « Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ? » déclamait un jeune poète devant l'affiche de rOdéon^ (Randoux, Lemadre, Darcourt, Clément -Just ; M'"^* Moreau -Sainti , Araldi , Frantzia , Corès.)
Le 23 mars. Le manguon, comédie en deux actes, en vers, de M. Cordelier-Delanoue. Cette petite pièce rentre dans l'inépuisable catégorie des comédies où l'auteur croit pouvoir se passer d'observation et d'intrigue, parce qu'il parle la langue des dieux. Le public l'accueillit par des murmures. (Delaunay, Jourdain, Monjauze ; M"* Fernand et M™' Del vil.)
Le 26 mars, dans une représentation au bénéfice des indigents du quartier, entre deux pièces, on lut des vers inédits de d'Epagny, en l'honneur de M"* Mars qui venait de mourir. Toute la troupe, costumée pour la circonstance^ vint se grouper en scène autour du buste de la grande comédienne :
Adieu, Mars ! sois heureuse au séjour à venir. En celui-ci toujours vivra ton souvenir.
Toujours Paris dira : Je pleure et je regrette De l'esprit et du cœur la plus noble interprète.
Le dimanche 4 avril. Le paquebot, comédie en trois actes, en vers, de Méry, fit la plus heureuse traversée.
4. Il y eut môme scandale : les siflleurs furent expulsés par la claque.
« Il a trouvé des tièdes brises, un ciel rayonnant de soleil, (( une mer bleue oii sautaient les marsouins en belle huw meur, ces précurseurs du beau temps ; nul écueil n'a (' dressé sous la coque du navire sa crête de rochers angu- « leux ; des rires bienheureux ont accompagné d'un bout « à l'autre cette folle comédie *. » Il y avait une idée comique dans celte pièce, idée pas bien neuve peut-être, mais qui pouvait donner matière à des quiproquos et à des incidents : il s'agissait de deux amoureux qui donnent la chasse à un barbon, tantôt dans un hôtel garni, tantôt sur un paquebot; malheureusement c'était insuffisamment traité pour le théâtre. Les vers, faciles et élégamment tournés, ont enlevé un demi-succès. (Delaunay, Alex. Mauzin^ Roger, Monjauze; M°*' Bonval, Delvil.)
Le 7 avrily La loge de l'opéra, drame en trois actes, en prose, de M'"' Anaïs Ségalas. Certaine marquise suit par jalousie son mari à l'Opéra, mais au lieu de découvrir une intrigue amoureuse, elle apprend un gros secret d'où découlent quelques situations mélodramatiques. Le public fut galant et, contre son habitude, applaudit. (Delaunay, Monjauze, Gaspari, Henry Vannoy ; M™" Delvil, Fernand.)
Le d3 avril, Le Syrien, drame en cinq actes, en vers, de Latour de Saint- Ybars. Cette fois, Carthage ne s'est pas enrichie des dépouilles de Rome. Cette tragédie, car malgré son titre de drame c'est une tragédie dans toute son horreur, annoncée aux Français et retirée, dit-on, en faveur