‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 163 sur 221 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

sit brillamment. (Delaunay, Jourdain ; M"*"' Fernand, Talini).

Le 8 juin, Spartacus, tragédie en cinq actes, en vers, de M. Hippolyte Magen aîné (d'Agen) u Dès les premiers « vers on crut avoir affaire à une tragédie pur sang, dans « le goût de Perlinax ou d'Arbogasle; bientôt on vit arrl- (( ver ce mélange de simplicité et de grandiose qui est le « caractère de la nouvelle école tragique et que Ton pour- « rait comparer au style gallo-roman, genre composite « qui a l'inconvénient de ne satisfaire ni les vieux ama- « leurs de la tragédie de l'Empire ni les admirateurs re- (( froidis du drame moderne ^ » (Ballande, Clément-Just, Darcourt, Harville; M™*' Frantzia et Meignan).

Le iO juin^ deux premières représentations : Une AVENTURE DE Panurge, comédic en un acte, en vers, de Ch. Fillieu (Dupeuty et Gabriel). Le public fit un excellent accueil à cette petite pièce (Roger, Vannoy ; M^^*" An- Iheaume), ainsi qu'à Une provinciale, comédie en trois actes, en prose, de M, Adolphe Gondinet, sous le pseudonyme de A. Bellamy. (Roger, Jourdain, Monjauze, Mussa; W" Del vil, Corès).

La direction A. Vizentini ne date vraiment que de cette année théâtrale, car les pièces jouées précédemment venaient encore du fonds de Bocage. La nouvelle troupe, composée en grande partie de comédiens de l'ancienne admi-

\ . Théophile Gautier, la Presse»

nistration, s'augmenta de quelques artistes de valeur, venant pour la plupart de province, et dont nous allons dire quelques mots : L'étoile, le premier sujet féminin, fut Marie Laurent» La vaillante œmédienne, qui porte depuis trente ans sans faiblir, aux théâtres du boulevard, au Vaudeville, au Chûtelet, à TOdéon, le double héritage de M"** Dorval et de M"® Georges, fil sensation dès ses débuts. La puissance et l'autorité de son talent furent très remarqués. Près d'elle on applaudit : Laurentine ^ la fille de Léon de Brécourt, régisseur général sous Bocage, une comédienne aimable et utile dans les soubrettes et les rôles de genre ; M°" Maria Lopez, aujourd'hui M"* Charles Blanc; M™' Anlheaume; l'excellente mère Grassau ; M"® Martelleur, chargée des grandes coquettes; M"^' Frantzia, Berlhe ; M"® Saint-Hilaire, soubrette qui venait de la Comédie-Française, où M"® Bonval allait prendre sa place ; M"^ Dupont et sa fille, M™^» Michallet, Rivais, Henry, Raynès, Alberic, Talini, Bruneval, Blanche, Talieuter, Derouet, Marie Durey, Eugénie, Clara, Bonnet.

Le côté masculin était, à peu de chose près, le même: Delaunay comptait les jours qui le séparaient du Théâtre- Français et finissait son engagement de trois années; Randoux, Ballande, Jourdain, Husson, Harville, Osmont, Manuel, Roger, Forestier, Bellanger^ Ernest, étaient toujours de la maison. Louis Monrose, fort mal avec Bocage, y rentrait. Dérosselle était de plus en plus apprécié; Lemaire, un bon acteur qui mourut chanteur à l'Opéra-

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