‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 176 sur 221 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

1848-1^9. — Les comédiens en société. — Alex. Mauzin commissaire du gouvernement. — Les Pâques Vérofwiiset, — Werner. — Macbeth» — La Reine (VEspagne. — Rachel ou la }>eHe juive, — Fin de la petite république odéonienne.

Le d5 mars, en apprenant la fuite d'Augustin Vizentini, les comédiens tinrent conseil et résolurent de continuer les représentations en société, au prorata des appointements, a L*Odéon fermé, dirent-ils dans une lettre adressée aux journaux, eût ressemblé à une vic- « time de notre belle République, que nous voulons « servir par tous les moyens en notre pouvoir. » Continuer, c'était plus facile à dire qu'à faire : les frais, on Ta vu, montaient alors à 800 francs par jour ; avec la société au prorata on n'avait pas à payer d'appointements aux artistes, c'est vrai ; mais, outre qu'il fallait vivre, il fallait encore débourser 250 francs chaque soir pour le gaz, les affiches, etc. ; où les prendrait-on ? Dans la plupart des théâtres de Paris, les receltes étaient descendues

au-dessous de 100 francs; TOdéon, pauvre exilé, sans argent en réserve, sans pièces nouvelles à Tétude, feraitil donc mieuK que les autres ? ce n*était guère probable. (( Essayons! » dirent intrépidement les comédiens; ils nommèrent un conseil d'administration présidé par Lemaire, avec Olivier et Ballande comme vice-présidents, Husson et Osmont, secrétaires ; chacun se cotisant, on réunit tant bien que mal les premiers frais ; le ministre de l'intérieur promit la subvention, et TOdéon resta ouvert.

Jusqu'à la Qn du mois, la troupe reste entière. Les Vielimes cloîtrées reparaissent sur l'affiche, ainsi que le Duel sons RichelieUf 3f^^ de Belle-lsle, Les Mémoires du diable, enQn ce qu'on peut donner de mieux pour attirer le public, et la moyenne n'atteint même pas i&O francs. L'essai parut suffisant à M'"'' Laurent, qui partit en Belgique retrouver l'excellent baryton Quilvéré, son mari, à H. Luguet, qui signa avec le Vaudeville, à M'"** Martelleur, Henri, Lopez et Grassau. L'ébauche de gouvernement provisoire à peine commencée se disloquait ainsi de tous côtés : Delaunay entrait à la Comédie- Française, où il débuta dans La 7*ue Quincampoix de M. Âncelot, après avoir paru dans La Grange du Roi attend et joué le Menteur; Laferrière n'avait pas voulu du prorata. Le moment était critique; le désir de conserver la subvention, appoint important dans ces temps malheureux, arrangea tout.

Réduite d'un tiers, la troupe s'organise à nouveau ; une société composée de douze parts de /i.00 francs, divisées elles-mêmes en 3/1 et 1/2 parts, fut instituée pour

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