II
petit acte insigoifiaDt indique que TOdéon à toute extrémité se cramponne encore à la vie.
En trois mois et demi, du 15 mars au l*"" juillet, les vingtsi?c sociétaires se partagent au prorata près de i!i,000 francs : c'est la misère et la faim, comme on voit; une manne inespérée va permettre heureusement de sortir de cet état pitoyable. Après les terribles journées de juin, les recettes descendirent encore dans tous les théâtres; la faillite, que quelques directeurs avaient conjurée, se montrait menaçante ; TAssemblée nationale eut souci de cet état. M. Senard, ministre de Tintérieur, demanda à la Chambre des députés une indemnité de 680,000 francs pour venir en aide aux directeurs et artistes parisiens ; cette intelligente et généreuse proposition, appuyée avec la plus grande chaleur par Victor Hugo ^ et Félix Pyat, fut votée à une grande majorité ; sur cette indemnité, les comédiens de rOdéon touchèrent 45,000 francs ! la joie fut grande dans la petite république de la rive gauche. Le 1'"' septembre, les appointements étaient payés, et Ton était tout à fait au pair.
C'était bien d'avoir pu franchir heureusement ces temps difficiles, mais la saison théâtrale commençait ; il fallait mieux. Des spectacles usés, des représentations à
4 . a Les théâtres de Paris », dit le grand poète dont on est sûr de trouver le nom dans toutes les généreuses initiatives, « sont pour les a Parisiens, ce peuple éminemment sensible et intelligent, un calmant « efficace et souverain. Pour ce peuple, qui a tant d'analogie avec le « peuple athénien, les joies de Tintelligence sont un besoin, et un besoin a tellement pressant, qu'on peut dire qu'un attroupement résisterait « difficilement à un spectacle gratis. »