‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 198 sur 221 · CHAPITRE XVm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVm

1850-1851-1852-1853. — Direction Altaroche. — Sa troupe. — Les Ennemis de la maison. — Les Contes d'Hoffmann. —-André del Sarto.— liichelieu. — Henry Monnier et Grandeur et décadence de Joseph Prudhomme. — Les Marionnettes du docteur. — Le Feuilleton d'Aristophane. — L'Honneur et VArgent.

Le 27 juillet 4850, Bocage n'était plus directeur de rOdéon: le 1**^ août, dix prétendants s'inscrivaient pour sa succession; Ton était loin, comme on voit, du temps où personne ne voulait du beau théâtre de la rive gauche. Après l'élimination de ceux dont les titres parurent insuffisants, deux candidatures restèrent en présence : celle d'AugusIe Villemot % associé avec Ch. Mouriez, directeur des Folies-Dramatiques, et celle de Marie-Michel Altaroche, « publiciste » et ancien député*. La commission des théâtres penchait pour Villemot ; le ministre n'en tint pas compte, il fit choix de son ex-collègue à la Constituante. Le 21 août 1850, Altaroche fut

4 . Le charmant esprit qu'on appela sous Tempire : le Prince des chroniqueurs^ et de qui Henri Rochefort disait dans le Figaro : « Cest notre maître à tous », était alors secrétaire au théâtre de la Porte-Saint- Martin.

t. Altaroche, né à Issoire en 48H. Après avoir donné de nombreux articles dans les journaux de province, vint à Paris en 4830.

nommé, pour trois années, directeur du second Théâtre- Français.

Si Ton veut chercher les titres du nouveau directeur dans son bagage théâtral, on s'expliquera difficilement sa nomination : Lestocq, drame médiocre joué à la Porte-Sainl-Martin et le Corrégidor de Pampelune indiquent peu un homme de théâtre. Le ministre tint plutôt compte à son candidat de la verve et du talent dont il avait fait preuve en cent journaux depuis vingt années, du tact administratif qu'il avait montré à la Chambre et dans le Puy-de-Dôme, où il avait été commissaire du gouvernement en 1848.

On est tenté tout d'abord dé reprocher à Al ta roche ses tâtonnements trop longs au début, plus de régularité que d'éclat dans son administration, une tendance à faire de sa maison un théâtre vertueux, académique, et partant un peu ennuyeux ; mais outre que les temps étaient encore difficiles, il faut lui tenir compte de la rapidité avec laquelle il dut prendre sa direction. Dès la seconde année, du reste, il avait acquis l'expérience nécessaire et était devenu un bon directeur dans toute l'acception du mot; aussi quand il fut avisé, après le retentissant succès de l'Honneur et l'Argent, que son privilège ne serait pas renouvelé, eut-il lieu d'être singulièrement surpris et d'attribuer cette disgrâce à d'anciens dissentiments politiques avec l'entourage du tout-puissant duc de Morny.

Entré au Charivari en 1832, il fait encore partie de la direction de ce journal célèbre. En quittant TOdéon, il prit le théâtre des Folies- Nouvelles avec L. Huart.

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