‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 200 sur 221 · CHAPITRE XYllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYllI

inflexible, une ardeur de travail extraordinaire peuvent remplacer les qualités physiques si nécessaires pour l'emploi des jeunes premiers rôles. Ces deux artistes, plus tard sociétaires à la Comédie -Française, jouèrent ensemble, pour leurs débuts, Othello. Le public les accueillit favorablement; ils comprirent cependant qu'ils se trompaient de route et abandonnèrent Taltière Melpomène en faveur de la plus accommodante Thalie (vieux style) .

Enfin, le 1"" janvier 1851, deux comédiens qui ont laissé, à titres divers, de grands souvenirs au second Théâtre -Français, commencèrent leur engagement : M. Eugène Pierron, qui a déjà paru sous Lireux, venant du Théâtre-Historique, où il avait fait sa place dans le beau répertoire d'Alexandre Dumas ; plus d'intelligence que de qualités naturelles^ des talents littéraires peu communs , une entente très nette du théâtre, désignaient cet artiste aux travaux de la mise en scène plutôt qu'aux succès de la rampe : nous le retrouverons dans ce poste si utile et trop ignoré du public. Hippolyte Tisserant, après avoir chanté le vaudeville au théâtre du Gymnase, créé avec éclat: Pied-de-Fer, mélodrame de Léon Gozlan, à la Porte-Saint-Martin, abordait enfin la scène où il allait mettre le sceau à sa réputation ; grand, d'une physionomie mobile, d'une autorité incontestable, connaissant les « effets )> comme un vieux routier de théâtre qu'il était, cet excellent acteur, remarquable même dans les grands rôles de genre, raisonneurs et maris trompés, tint pendant quinze ans la première place sur notre théâtre.

Trois grandes personnalités dramatiques passèrent aussi à rOdéon pendant cette direction : Lepeintre aîné, l'héritier de Potier, si populaire au Vaudeville et aux Variétés, qui devait finir si tristement par le suicide une vie estimée de tous; Henry Monnier et Laferrière, dont nous parlerons plus loin.

Le personnel administratif était : A. Leboulleis, administrateur; Achille Baucheron, ex-second régisseur au Théâtre- Français, directeur de la scène ; Hippolyte Messant, auteur dramatique applaudi, secrétaire du théâtre ; Eugène Brière, second régisseur; Huarl^ caissier; Ancessy, chef d'orchestre.

Le SS septembre y réouverture par : Les Péchiîs de Jëinesse, drame en trois actes, en prose, d'Emile Souvesli'e. Des situations attachantes, peut-être un peu trop exploitées, et une bonne interprétation ont enlevé le succt^s. (Bouchot, Roger, Moreau-Sainti, Têtard, Toumier; M*^ Marie Laurent, Rogei^^lié.)

Le 9 octobre^ Un Valet sans uvree, comédie en un acte, en prose, de MM. Léonce et Moléri. Dans un dîner d'adieu à la vie lie garçon, on persuade au fiancé de M"* Verdureau que le mariage est une chose absurde; il envoie sa démission à son beau-père ; heureusemenl un de ses camarades intercepte la lettre. (Moreau-Sainti, Anselme, Talbot. Toumier; M*** Moreau-Sainli, Demagen>li, Caron, Dar^lly, Talini.)

Page 1