CHAPITRE III
dans Adélaïde DuguescUn, Mitraiie dans Rhadamisle et Zénobie, un Bûcheron dans la Partie de chasse^ Valère dans l'Avocat Pathelin^ etc., etc., en un mot, les accessoires de deuxième ordre. Les premiers rôles importants qui lui furent confiés sont Narcisse dans BritannicuSj Salviati dans les Vêpres siciliennes^ et la Jeunesse dans le Barbier de Séville.
Nous lisons dans le Journal des théâtres du 28 décembre 182i : « Frederick, deuxième confident tragique, « a triomphé heureusement d'un grasseyement pénible. i( A présent sa prononciation est nette, sa diction pleine « d'intelligence. Mais il comple un peu trop sur lui- <( même et on le voit souvent, pour s'écouter, appuyer « longuement sur les vers et pour ainsi dire savourer son <( rôle. » Savourer Neptali, rôle de cinq vers, dans les Machabées et Gabriel le Jockey, rôle de dix lignes, dans le Célibataire et l^homme marié. Quel régal ! *
Pendant que celui qui fut le roi des théâtres de drame commençait obscurément et modestement sa glorieuse carrière, un autre comédien qui a laissé aussi plus tard un nom illustre et qui fut une des personnalités de notre Odéon, Bocage, après avoir paru à la Comédie-Française, le 2/i juin 1821, dans le rôle de Saint-Alme, de V Abbé de rEpée, débutait à l'Odéon avec succès dans l'emploi des amoureux, le k mai 1822.
4. £n mars 4823, Frederick quitte TOdéon et débute à l'Ambigu dans le Remords^ mélodrame de M. Léopold.
DIRECTION DE 6IMEL
La Société fondée en 1816 par Picard avec tant de soin et de sollicitude est désormais détruite. M. de Gimel, colonel de dragons, nommé en octobre directeur en remplacement de Gentil, devient le maître absolu. Il mène le second Théâtre-Français comme un régiment, fait introduire dans son cahier des charges la clause sine qud non qu'il peut ajouter du chanta son répertoire, alléguant que rOdéon, par son éloignement, doit être assimilé à un théâtre de province, et que les théâtres de province sont à la fois lyriques et dramatiques ^
On n'appelle plus l'Odéon que le Théâtre militaire. Tout s'y fait avec ponctualité et discipline, et cependant tout s'y fait mal.
La première nouveauté de la nouvelle direction fut donnée le 9 novembre : Saiilj tragédie en cinq actes, en vers.
4. Voici le tableau de la troupe sous cette troisième transformation :
MM. Joanny, David, E. Bernard, Lafargue, Perrier, Samson, Armand, Auguste, Alphonse, Bocage, Chazel, Duparai, Deliemence, Edouard Flammarion, Ménétrier, Paul, Provost, Sabatier. Môme comité de lecture et d'audition, à part Talma, qui s'est récusé rapidement. Le nouveau directeur était obligé de servir des pensions à Clozel, Pélissier, Boucher, M"« Adeline, Provost, Delille, Bausset, MM. Valville et Picard, M™«» Fleury et Délia; Chalons d'Argé, qui fonda et dirigea en 1828-30 le Jourrial des Comédiens (Gazette des Théâtres), était secrétaire général.