CHAPITRE IV
Le 6 mai. — Pour les débuts de l'opéra, le Barbier de Séville, arrangé par Castil-Blaze, musique de Rossini^ On prétendait alors qu'il n'y avait plus de chanteurs en province, cette soirée prouva le contraire. (MM. Lecomte,. Camoin, Léon, Valère; M^^Monlano, Camoin.)
Le a mai. — Ourika, ou V Orpheline africaine^ comédie en trois actes, en prose, par MM. de Courcy et Merle, a trouvé des juges inflexibles qui n'ont pas voulu l'entendre. A la fin du deuxième acte, un spectateur impatienté a crié : Au fait! Les acteurs ont joué au milieu d'un brouhaha continuel. Une seule représentation.^
(David, Duparai, Samson; M"" Anaïs, Gros, Dutertre.)
Le 5 juin. — Les Folies amoureuses^ opéra-bouffe en trois actes, d'après Regnard, par Castil-Blaze, musique de cinq auteurs. Succès.
(Camoin, Lecom te, Valère; M""** Florigny, Letellier.)
Le 12 juin. — L Adjoint et l'Avoué, comédie en deux actes, en prose, de MM. A^ Romieu et Alfred de Wailly.. De l'esprit, des situations plaisantes. (Samson et Provost;. M'"" Dutertre.)
Le 2 juillet. ~ Cléopâtre S tragédie en cinq actes», en vers, par M. A. Soumet. On a critiqué la donnée de cette œuvre, mais on a applaudi le style de l'auteur. Le succès, contesté à la première, s'afiîrma le lende-
4 . On n'a pas eu à redouter le mot plaisant d*un spectateur à qui l'on demandait son avis sur la Cléopâtre de Marmonlel, en 4750, -^ pour laquelle Vaucanson avait composé un serpent qui sifllait eii' déroulant ses anneaux —et qui répondit : « Je suis de l'avis de l'aspic.»-
main. (Joanny, Ligier, Provost; M™" Georges, Dupont, Anaïs, Gersay.)
Le 29 juillet. — V Écolier (T Oxford, comédie en trois actes, en prose, de feu Wafflard, réussit. (Provost, Samson; M"* Anaïs.) Le 2 août. — La Pie voleuse^ , opera-seria en trois actes, d*après le drame de MM. Caignez et Daubigny, et Topera italien la Gazza ladra^ paroles ajustées sur la musique de Rossini par Caslil-Blaze. Cet ouvrage, dont la donnée avait déjà attendri le public de la Porte-Saint- Marlin et charmé celui des Bouffes, réussit brillamment, malgré la platitude du poème. Beaumarchais avait raison quand il écrivait : a Ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chanle! )>
(Valère, Léon, Camoin, Saint- Preux, Maire; M°**' Valère, Florigny, Camoin, Montano.)
Le 16 juillet. — Arthur de Bretagne *^ tragédie en cinq actes, en vers, de M. Chauvet, début qui annonçait d*heureuses dispositions. Demi-succès. Une allusion en faveur des Grecs a été vivement applaudie.
(Ligier, David; M"" Charton, Gersay.) Le 24 août. — A l'occasion de la Saint-Louis, la Pièce DE CIRCONSTANCE, OU le Théâtre dans la caserne, à-propos vaudeville en un acte, par Vulpian et Lassagne. De la gaieté, de jolis couplets. On applaudit la cantate : Vive le roi I Vive la France !
4. La Pie n'a pas produit autant que le Barbier, qui fut un des grands succès de la rive gauche.
2. Shakespeare, Duciset Bl. Aignan avaient déjà traité ce sujet.