CHAPITRE VI
chant, par M. Georges Ozanneaux, musique d'Hérold. Grâce à Tactualité du sujet, le succès n'a pas été douteux un seul instant.
Le 22 avril. — Pour Fanniversaire de la destruction de Missolonghi*, l'auteur ajouta un prologue relatif à cette circonstance. On a beaucoup applaudi; mais on a été surpris de voir dans ce dialogue à deux personnages, joué par Beauvallet et Lockroy, des récriminations sur la critique dramatique et des plaisanteries sur la solitude del'Odéon. (Bocage, Provost, Duprez; ]Vl"°Anaïs.)
Le 4 mai. — Première représentation à ce théâtre de Deux mots, ou Une Nuit dans la forêt, opéra-comique en un acte. (Duprez, Doligny; M"*^* Meyssin, Anaïs.)
Le 6 mai. — Perkins Warbeck, ou le Commis mar^ chand, drame historique en cinq actes, en vers, par M. Fontan. Succès, malgré les accidents de la première ; au premier acte. M"*" Gersay s'était laissé choir en entrant en scène ; au deuxième acte, Beauvallet s'était évanoui*. (Beauvallet, Lockroy, Provost, Desnoyer; M"^ Gersay.)
Le i8 mai. — Première représentation à ce théâtre de Gclnare, ou V Esclave persane, opéra en un acte, pa-
4. a La chuto de Missolonghi retentira par delà les siècles dans tous les cœurs généreux. En reproduisant le tableau de ce sublime désastre, l'auteur a dû compter sur le triomphe qu'il a obtenu. »
(Journaux du temps,)
2. Perkins Warbeck avait déjà été mis à la scène, au Théâtre- Français, le Vè mars 4827, par MM. Picard et Mazères, avec un succès contesté; le 45 mai, au théâtre de Madame, par MM. Théaulon, Brazier et Carmouche, avec le même résultat, et le 19 du môme mois, au Vaudeville, par MM. ***. Le drame de l'Odéon a été plus heureux qu& les autres. Aucun mauvais bruit n'a troublé les illusions de Tauteur.
rôles de Marsollier, musique de Dalayrac. Duprez chantait Osman; RP" Duprez, Gulnare,
Le 20 mai. — Le Protégé, ou le Danger de la faveur^ comédie en trois actes, en prose, par MM, Georges Duval et Dumcrsan. — Chute. — Au milieu d'un bruit assourdissant, Provost annonça : « La pièce est de M. Eugène. »
r" Le iO juin. — Roméo et Juliette, tragédie en cinq actes, en vers, imitée de Shakespeare, début dramatique de Frédéric Souhé, Les quatre premiers actes ont été froidement accueillis; le cinquième, plus anglais, surtout par le fait des acteurs, et plus à la mode, par conséquent, a décidé de la victoire*. (MM. Lockroy, Beauvallet ;
(Jl^* Anaïs.)
Le manque d'argent ayant forcé Thomas Sauvage à passer sans transition de la prodigalité à la parcimonie, il se débarrassa des gros appointements des chanteurs* et réduisit le plus possible ses frais, afin de continuer la lutle ; réformes inutiles, il était trop tard. Tout allait à la dérive ; les comédiens, les employés n'étaient plus payés*, les représentations souffraient du mécontentement
/ 4 . Il existait alors trois ouvrages sur ce sujet, de Ducis, de Monvel I et de Sëgur, joués en 4771, 4792 et 4793. La pièce de F. Soulié fut \ reprise à la Comédie-Française en septembre 4844, pour M"« Naptal. 2. Celte réforme ne se fit pas sans quelque esclandre. Le 43 avril, Lftcomle, qui devait jouer /{icAar(fC(Fi/r de Lion^ ayant déclaré qu'il ne jouerait pas sans avoir touché la somme de 800 francs qui lui était due, le public, d'un autre côté, ayant refusé tout changement de spectacle, Granfon, souffleur d*opéra, fit proposer de chanter et de lire le rôle de Blondel; la proposition était trop comique pour n'être pas acceptée.