CHAPITRE VIII
i830-i831-i832. — Les Hommes du lendemain, — Chute du Roi fainéant. — La Mère et la Fille, — La Nuit vénitienne. — Napoléon Bonaparte. — La Maréchale d'Ancre. — Charles VII chez ses grands vassaux. — Décadence du second Théâtre-Français. — Félix Pyat et Une Révolution d'autrefois. — Dick-Rajah et réléphant Kiouny. — Marion Delorme à rOdéon.
La Révolution fit éclore ud grand nombre de pièces satiriques. Une des plus curieuses fut : les Homues du LENDEMAIN, comédle en un acte, en vers, de M. Violet d'Ëpagny, que Ton donua le 11 septembre 1830. Le mécontentement populaire commençait à se faire jour; sur les pavés remis en place, les combattants de Juillet s'avouaient déjà qu'ils avaient été pris pour dupes; ce qu'ils se disaient tout bas, la nouvelle comédie osa le dire tout haut. — Un rôle terrible, celui d'un vrai blessé du peuple qui s'écrie en voyant le succès d'un vicomte de l'ancien régime que le nouveau gouvernement a remis en place :
« Quel fou Ta replacé ? Quel autre Ta souffert? « Est-ce donc pour cela que j*ai le crâne ouvert? »
fut acclamé. Vizenlini, qui jouait avec talent ce rôle épi-
sodique, dut répéter par deux fois ces vers énergiques. La pièce se termiDait ainsi :
Le vicomte. — Je rentre à mon hôtel.
Le blessé. — Je vais à Thôpital !
(Duparai, Delafosse. Davesne ; M"'®' Saint-Amand et
Laine).
Le 20 septembre. Chute de Nobles et Bourgeois, drame en cinq actes, en prose, dont les auteurs, MM. Frédéric Soulié et Cave, gardèrent l'anonyme. Frederick- Lemaître, qui venait de quitter l'Ambigu pour TOdéon, retrouvait dans sa première création sur la rive gauche tout Tattirail mélodramatique qu'il avait abandonné au boulevard : tortures, exécutions, tocsin, dame voilée, romance langoureuse, poison rapide et sûr, etc., etc.
(Stockleit, Delafosse, Cliilly; M"^*^* Noblet, Falcoz et Béranger.)
Le 7 octobre. — Le Roi fainéant, ou Childeberl III, tragédie en cinq actes, en vers, d'Ancelot. Cette pièce ennuyeuse, tirée des temps obscurs et rebutants de la première race, n'eût pas été à la moitié sans les incidents des entr'actes, qui donnèrent un peu de patience au public. Entre le premier et le deuxième acte, baliiille entre le parterre et les fauteuils- On veut dépouiller de ses habits un chasseur de la garde nationale désigné comme chef des applaudisseurs à gages. Du haut de la galerie, un grenadier s'écrie, avec l'accent rendu célèbre plus tard par Henry Monnier : « Tout homme qui fait un aussi sale métier est indigne de porter l'uniforme de