CHAPITRE VIII
écrié tout haut l'un des spectateurs. (Provost, Doligny, Davesne; M™** Lagardère, Mélanie.)
Le même soir, on donnait le Mauvais sujet, vaudeville de la Porte-Saint-Martin, dû à MM. Crosnier et Frédérick- Lemaître.
Le 17 mars, au bénéûce d'un ancien artiste, Adolphe et Clara de l'Opéra-Comique ; le Philtre champenois du Palais-Royal avec Samson, alors à ce théâtre, etDéjazet, et 3/. Chapolard, pièce des Variétés, avec Odry.
Pendant que Ferville, Lockroy, Chilly, M™" Dorval et Noblet combattent et sont vaincus à la Porte-Saint- Marlin dans Dix ans de la vie d'une femme ^ drame détestable de Scribe, TOdéon livre sa dernière bataille, le 19 mars, avec Dicr-Rajah ou l'Eléphant de la Pagode, mélodrame à grand spectacle en trois actes, en prose, précédé d'un prologue, par M. Saint-Uilaire. — La scène se passe aux bords du Gange. Le meurtrier du défunt rajah veut usurper le trône, mais l'éléphant sacré l'en empêche et remet le sceptre, aux applaudissements de la foule, entre les mains de l'héritier du rajah qu'il a sauvé. — Dans un rôle de vieux cordonnier anglais, Duparai a lutté victorieusement contre le pachyderme en représentations. Rendons justice à Kiouni% il fut à la hauteur de son rôle. Il s'agenouillait comme un dromadaire ; puis, passant du grave au plaisant, il dansait un ballet avec des bayadères. Succès de treize ou quatorze représentations. (Delaistre, Walter, Walkin, Tournan, Blés, Moêssard, Davesne,
h . Voir V Extrait des Mémoires de Kiouni.
Vissot, Laisné; M'"*'* Simon, Dubourjal, Olympe). Le privilège d'Harel expirant en mars, il donne, le dimanche 1''"' avril, sa dernière représentation*. L'Odéon ferme le lendemain ; il ne reste plus sur la rive gauche, pour représenter la littérature, que le petit théâtre du Panthéon, ouvert dans l'ancienne église Saint-Benoit par Eric-Bernard, le 18 mars 1832, et fermé bientôt, faute de spectateurs, le 24 février 1833.
4 . « L'Odéon expire ce soir. Vous ôtes invité à assister à son convoi. On se réunira au faubourg Saint-Germain, dans le lieu ordinaire de son agonie. Priez pour le très-passé ».
{Courrier des Théâtres, 15* année, n» 4833.)