‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 2)Chapitre 126 sur 218 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

avec tant de vénération. Nous avons eu la bonne fortune de découvrir la preuve du contraire et d’acquérir la certitude que la relique possédée encore aujourd’hui par le Théâtre-Français est absolument authentique . C’est bien là le fauteuil sur lequel Molière a créé le rôle d’Argan dans son Malade imaginaire et ressenti les premières atteintes du mal qui devait l’emporter après la quatrième représentation. Ce précieux meuble avait, en 1789, servi dans Charles IX; et ce fut à cette circonstance qu’il dut sa conservation. Quand Talina remjt la pièce de Chénier au théâtre de la République (8 janvier 1799), l’Odéon prêta, pour cette reprise, les meubles de Charles IX , parmi lesquels : dix tabourets, deux banquettes, deux fauteuils, line table antique et

« Un mauvais fauteuil en basane noire dit de Molière (ces trois mots sont raturés) qui a appartenu a Molière », prisé... 12 francs 1 ! ! ï

• Il se trouvait encore rue Richelieu lors de l’incendie de l’Odéon, puisque les commissaires nommés pour faire l’inventaire du Théâtre-Français de la République (rue de la Loi) le mentionnèrent à leur vacation du 28 germinal an VII 2 (17 avril).

losophique du 10 germinal an Vil. M. Régnier pense au contraire qu’il fut sauvé par un garçon de théâtre nommé Pontus, auquel la comédie aurait môme fait une petite pension. La vérité est que le fauteuil ne put être ni détruit, ni sauvé, puisqu’il n’était plus à l’Odéon depuis deux mois.

1 . Article des François de VOdéon concernant les meubles qu’il

ont prété (sic) pour Charles 0. (État remis aux commissaires par le citoyen Barbier, tapissier du théâtre, à leur séance du 28 germinal an VU. ) ,

2. État des meubles que le tapissier dudit théâtre a déclaré appar-

Ce désastre, attribué vaguement à la malveillance, occasionna l’arrestation de plusieurs personnes, entre autres de Sageret et de Le Page; le premier fut relâché quelques jours après, convaincu seulement de négligence et d’incapacité 1 , mais le second paya ses imprudentes paroles de la veille de l’incendie par un emprisonnement de deux mois.

Ce fut presque un malheur public que celte destruction du plus beau théâtre de Paris à celte époque. On vendit dans les rues, comme au lendemain des crimes célèbres, le « Détail exact et circonstancié du terrible

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