CHAPITRE XVIII
1808. Le Théâtre de Sa Majesté l’Impératrice et Reine. — Changements
à la salle du faubourg Saint-Germain. — La tragédie y est interdite.
— L’opéra-bufla. — Les Voyages de Scarmantade. — Les Querelles des deux frères. — 1809. La bataille de Christophe Colomb.
— Monval et Sophie. — 1810. L'Alcade de Molorido. \
L’année 1808, ouverte sous la direction nouvelle, mit en scène vingt nouveautés :
Le 1 er janvier, jour de l’entrée en exercice d’Alexandre Duval et Gobert 1 , Charles Maurice donna Midi ou le Jour de l'an , impromptu en un acte et en vers, écrit à l’occasion de la nouvelle année, qui fut bien accueilli.
Le 12, Dorvo vit impitoyablement siffler son Monsieur Lamentin ou la Manie de se plaindre , comédie en deux actes et en vers, dépourvue d’intérêt; l’auteur ne fut pas même nommé.
Le 10 février, succès des Torts apparents ou les Valets menteurs , comédie en trois actes et en vers (Grandville, M Ue Molière).
Le 28, Monsieur Têtu ou la Crânomanie , comédiefolie de circonstance, contre le système du docteur Gall,
1. Jusqu’au 15 juin 1815, c’est-à-dire pendant sept ans, Gobert jouit de l’exploitation du Théâtre de l’Impératrice.
un acte, en prose, d’Alexandre Duval, est siflflée malgré la verve de Clozel.
Le mardi gras, 1" mars, une autre folie, également du directeur Duval, obtint du succès. C’était la Tapisserie, comédie-farce de carnaval en un acte et en prose, souvenir de la Casaque, farce perdue de la jeunesse de Molière, déjà mise au théâtre en 1693, sous le nom de la Tapisserie vivante l .
Le 96, nouveau succès avec Ordre et Désordre, comédie en trois actes et en vers de Chazet et Sewrin, qui péchait un peu par le plan, mais qui se fit applaudir grâce à des détails naturels et plaisants et à une versification élégante et facile, fort bien jouée du reste par Clozel et Barbier.
Le 8 avril, bon naturel et vanité ou la Petite Ecole des femmes , comédie en un acte envers de H. F. Dumolard, « jeune auteur connu par plusieurs productions comme dirigeant son art du côté des mœurs », très-applaudie (M lle Adeline), fut bientôt suivie de deux succès :
Le Mari juge et partie, comédie en un acte et en vers de Chazet et Ourry, le 20 avril (M ,le Delille).
et l’Ecole des juges, drame en trois actes, en vers, de Dubois, le 7 mai (Clozel) ; c’était le premier drame joué sur ce théâtre. Sa réussite fut complète après quelques coupures faites à la deuxième représentation.
Le 25 mai, les Deux Francs-Maçons ou les Coups du hasard , fait historique en trois actes et en prose, de