‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 2)Chapitre 159 sur 218 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

« A l’extérieur, le fronton de la façade est surmonté par un attique cfU acrotère, et la face principale de l’édifice est appuyée de deux grandes voûtes dont le dessus est en terrasse et sous lesquelles on descend de voiture à couvert *. H a été ajouté et construit à neuf, sur la rue de Vaugirard, une galerie à un rang d’arcades, afin de rétablir, comme autrefois, la communication au pourtour du monument.

« Deux étages ont été élevés au-dessus de cette galerie pour augmenter le nombre des loges des acteurs 1 2 3 . »

En vertu du décret du 8 juin 180G et du règlement ministériel du 25 avril 1807 *, la tragédie était interdite au Théâtre de l’Impératrice, « considéré comme une annexe du Théâtre-Français, pour la comédie seulement . » C’était cependant — suivant l’opinion des Fleury, des

1. o La descente à couvert, plus nécessaire que h colonnade », disent MM. Cl. Contant et J. de Filippi dans leur Parallèle des principaux théâtres modernes de l'Europe, 2 vol. A. Lévy fils, 1860,

2. Journaux du temps, surtout le Journal de Paris du 17 juin 1808, pp. 1195, 1196 et le Moniteur, p. 665.

3. Règlement du 25 avril 1807 pour les théâtres, arrêté par le ministre de l’intérieur en exécution du décret du 8 juin 1806, réglementant les vingt-quatre spectacles de Paris :

« Grands théâtres de Paris. — Le Théâtre de l’Impératrice sera considéré comme une annexe du Théâtre-Français, pour la comédie seulement,; son répertoire contient : 1° Les comédies et drames spécialement composés pour ce théâtre; 2° les comédies jouées sur les théâtres dits Italiens jusqu’à l’établissement de l’Opéra-Comique; cos dernières pourront être représentées par le Théâtre de l’impératrice concurremment avec le Théâtre-Français. »

Un décret du 29 juillet 1807 réduisit à neuf les théâtres de la capitale.

La Rochelle, des Saint-Prix, des Saint-Fai, des Contât — le seul local où le bon goût de la scène française pût se conserver 1 2 . La rue de Richelieu gardait, avec Talma , le monopole des grandes œuvres de Corneille , Racine et Voltaire. Le tragédien Larive regrettait que Melpomène eût été chassée de l’Odéon. « Disons-le franchement, écrivait-il d’accord avec Molé, dans ses Réflexions sur l'art théâtral s , un spectacle aussi grave que la tragédie est déplacé dans le quartier le plus bruyant de Paris, où tous les genres de plaisir sont réunis; je désirerais que Melpomène ne se trouvât point sous les pas des oisifs, qui vont bien moins au théâtre pour le spectacle que pour les spectateurs. Le faubourg Saint-Germain, son ancien domaine, était le quartier qui lui convenait le mieux : l’Université lui fournissait ses amants fidèles ; depuis qu’elle les a perdus, elle n’en a plus que d’inconstants. »

Les trois premières comédies nouvelles représentées à l’Odéon furent trois chutes :

Le 10 août, le Frondeur hypocrite ou le Faux bienfaisant, cinq actes, en vers, de Maugenet, siffiée.

Le 20 septembre, les Voyages de Scarmantadk en cinq pays (Firmin , Perroud , M lle Delille) , imbroglio à grand spectacle, en cinq actes et en vers, avec prologue, danses et ballets, de Népomucène Lemercier ; cette espèce

de monstre littéraire, au-dessous de la médiocrité ordi-

1. En 4804, ces cinq artistes désiraient encore le retour de la Comédie-Française à la salle du faubourg Saint-Germain, « le plus beau théâtre moderne ».

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