‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 2)Chapitre 177 sur 218 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Le surlendemain, 14 février, grand succès des Héroïnes de Béfort, comédie en un acte et en prose, avec vaudeville final, par Henri Simon et Maréchalle.

Au mois de mars, tandis que les armées coalisées marchent sur Paris, le théâtre se tait. Cependant le lendemain de l’entrée des alliés, les spectacles sont rouverts, l’Odéon joue le vendredi 1 er avril 1 2 , et sa première nouveauté fut, le 12 (jour où le comte d’Artois fit son entrée dans la capitale), la Servante maîtresse, comédie en un acte, en vers, de Charles Maurice, d’après la Serra padrona de Beaurans et Pergolèse (Italiens, 1754). Cette pièce , refusée par la Comédie- Française, eut du succès et fut dédiée par l’auteur à M Ue Mars (Chazel, Talon, M Ue Délia).

Le retour des Bourbons et la prochaine entrée de Louis XVIII à Paris (3 mai) sont fêtés le 28 avril, huit jours après les adieux de Fontainebleau, par une comédie en trois actes et en prose de Rougemont* et René Perrin : Henri IV et d’Aubigné, accueillie par les plus vifs applaudissements (Clozel, Henry IV ; Thénard, d’Aubigné) , ainsi que la remise d'Henri IV et le Laboureur, comédie en trois actes, en vers, de Villemain,

1. Le vendredi 4 ,r avril, l’empereur de Russie et le roi do Prusse vont k l’Opéra; le 2, à TOpéra-Comique; le 3, au Théâtre-Français; le 5, Frédéric-Guillaume assiste k la représentation du Vaudeville.

2. De Rougemont, qui avait célébré trois ans plus tôt la naissance du roi de Rome, fit volte-face et chanta successivement l’aigle et les fleurs de lys.

L’ODÉÜN.

représentée en 1790 au Théâtre-Molière et redevenue pièce de circonstance (2 4 mai). On chanta des couplets sur l’air : Vive Henry IV ! et un « Vive le Itoi! » général signala la chute du rideau.

Le h juin, une ordonnance royale réunit au domaine de la couronne la dotation du Sénat dont faisait partie l’Odéon, mais une autre ordonnance du meme jour comprit ce théâtre au nombre des dépendances du palais du Luxembourg, affecté dès lors à la tenue des séanèes de la Chambre des pairs. L’OdéoiP lit partie de la dotation de cette Chambre jusqu’en 1831, époque à laquelle il fit retour au domaine de l’État 1 2 3 .

Le 17 juin, à l’occasion de la paix* qui venait dëlre publiée en même temps que la Charte constitutionnelle*, Unis Nuit de garde nationale, comédie en un acte, en prose, de M***, tomba lourdement sous les sifflets 4 .

1. En dix ans qu’avait duré l’Empiro, la Comédie-Française avait représenté soixante et une pièces nouvelles, la plupart d’auteurs déjà connus (Alexandre Duval, Legouvé, Étienne, Jouy, Luce de Lancival, Delrieu, Ravnouard, Baour-Lormian, M me do Bawr, Lebrun); le Théâtre de l’Impératrice en produisit 184, sans compter de nombreuses reprises et les opéras italiens. Les principaux noms qu’il mit en lumière furent ceux de Ricard, Chazet, Nanteuil, Ch. Maurice, Dupaty, de Rougemont, Dumanianl, Désaugiers, IMandrd, Charlemagne, Pelletier— Volméranges, Caigniez, Népomucène Lemercier, Dumcrsan, Ourry, Pain, Pigault-Lebrun, de Murville, Aude, Georges Duval, de Comberousse et Gilbert do Pixérécourt.

L’Empire allouait 1,000 fr.aux auteurs de chaque pièce de circonstance ; la Restauration oOO, puis ensuite une simple médaille de 200 fr.

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