Il courut, à cette époque, le couplet suivant
« Les Comédiens français très-prudemment calculent.
En citoyens ardents, ces messieurs s’intitulent :
Théâtre de la Nation,
Titre qui promet seul à leur ambition,
Une recette toujours riche;
Et « Comédiens du Roi » reste encor sur l'affiche Pour garantir la pension! »
En 1782, outre la jouissance gratuite de la nouvelle salle accordée
mais les acteurs continuent à porter le titre de « Comédiens français ordinaires du roi ». Pendant ce mois, qui vit tomber la Bastille et qui ouvrit 1 ere sanglante de la Révolution , les comédiens font acte de civisme, passent plusieurs nuits dans les corps de garde de la milice bourgeoise, portent à l’Assemblée nationale un tribut de 23,000 livres « pour concourir au secours de la patrie». Enfin, après une clôture de huit jours nécessitée par les événements, ils donnent deux, représentations « au prolit des malheureux », et, le 23 juillet, une troisième «au bénéfice de MM. les gardes françaises » , qui en refusent le produit.
Le 12 aotît. — Les Fausses présomptions ou le Jeune
gouverneur , comédie en cinq actefc et en vers, de Robert,
est sifilée et n’a qu’une seule réprésentation.
Le 19 août. — Eiucie ou la Vestale, tragédie en trois actes et en vers, de Dubois-Fontanelle, présentée dès 1768, mais interdite par le gouvernement comme dirigée contre la religion, en a deux (M ,nc Vestris).
Plus heureuse le 9 septembre, Marie de Brabant, reine de France, tragédie en cinq actes et en vers, d’Imbert, d’abord défendue par la police, en a sept.
Le 22 septembre. — Raymond Y, comte de Toulouse
aux Comédiens, Louis XVI avait promis 400,000 livres pour indemniser la Comédie de sa translation des Tuileries à l'ex— hôtel de Condé. Il n’eut pas le temps d’exécuter sa promesse; mais en 1782 et 1787, nous trouvons l’institution légale de pensions du Roi à ses comédiens (voir les Almanachs Duchesne et, aux Archives nationales, les llegislres du secrétariat de la maison du roi).