Voir Théodore Muret, l’Histoire par le théâtre , t. I
L’ÜDÉÜN.
encore compromis la tranquillité publique, elle a délibéré de ne plus communiquer avec lui jusqu’à ce que l’autorité ait prononcé sur cette affaire 1 » ; ex abrupto Dugazon sort de la coulisse, parle au public, et réclame aussi son exclusion, « puisqu’on a décidé celle de son ami» . Tumulte indescriptible; on casse les bancs, le théâtre est escaladé, et Du-
gazon s’étant éclipsé, on ne peut jouer Y Ecole des maris 2 . j Résolu à faire cesser ces désordres, Bailly manda les comédiens et les engagea à revenir sur la décision prise contre Talma. Les comédiens persistèrent et chargèrent leur camarade des Essarts de dire qu’ils avaient du reste porté l’affaire devant les gentilshommes de la chambre, « leurs juges ordinaires 3 », ce qui était peu politique à l’heure où une loi nouvelle plaçait les comédiens du roi sous le gouvernement direct de la municipalité.
Le maire informa le conseil de ville de ce refus. Le conseil , en réponse , fit placarder dans Paris , le , un arrêté ordonnant aux comédiens d’avoir à communiquer avec le sieur Talma, ordonnant, en outre, au sieur Dugazon d’avoir à garder les arrêts chez lui pendant huit jours, et à payer l’impression de cent exemplaires du jugement, en punition de son incartade. Voilà la guerre déclarée. Le comité persiste dans sa décision première.
1. Lettre de Chénier du 18 septembre’ à l’occasion dos troubles do Charles IX (Étienne et Martainville, t. I, pp. 160-162).
2. Nouveau duel, celte fois entre Fleury et Dugazon. Ce dernier fut blessé.
3. Délibération des Comédiens et lettre des semainiers Belmont et Vanhove à M. le maire do Paris (20 septembre).