CHAPITRE IX
« par représentation, que nous partagerons comme frères ; « vous en remettrez moitié à la section du Théâtre - « National , moi l’autre moitié à ma section de l'Unité , « pour être employées par elles à l’avantage de nos bra- « ves défenseurs ou de leurs parents.
« Comptez sur mon zèle et sur mon amitié.
« Mole. »
Mais laissons un instant Molé et son civisme pour retourner à ses camarades prisonniers depuis quatre mois. Une épidémie de petite vérole sévit aux Magdelonnettes, dont le séjour leur était rendu plus pénible encore par la privation des visites et de toute communication avec le dehors.
Le 25 décembre, les artistes du Théâtre de la Nation adressent h la Convention 1 une pétition par laquelle ils lui exposent que « depuis quatre mois ils gémissent dans les fers ; la levée de leurs scellés a suivi le moment de leur arrestation ; on n’y a rien trouvé qui put les inculper. Ils élaient résolus d’attendre avec une respectueuse résignation la décision de la Convention nationale; mais l’infortune de leurs parents, qui ne vivaient que de leurs travaux et qu’une réclusion si longue menace de réduire à la plus cruelle misère, leur fait un devoir de réclamer aujourd’hui le rapport de leur affaire; ils s’estimeraient heureux si la Convention, en ordonnant leur élargissement, confiait à leurs talents le soin de