CHAPITRE XI
Ut
Et le Serment civique de Marathon, scène patriotique avec chœurs, du citoyen Kreutzer.
A trois heures, les portes furent ouvertes et la salle remplie en un clin d’œil; l’intérieur en était entièrement défiguré : un affreux bariolage tricolore, ressemblant à une tapisserie, sur lequel se détachaient les statues de la Nature, de la Raison, de l’Égalité*, et des allégories républicaines, remplaçait les ornements sobres d’autrefois. L’amphithéâtre « égalitaire » montait du parterre aux galeries supérieures. « Les changements faits à la salle, dit le Journal de Paris 1 2 3 , ont procuré à la partie du théâtre beaucoup plus d’espace, surtout en. profondeur, et les séparations dans les rangs des loges ayant été supprimées, il en résulte que la salle contient un beaucoup plus grand nombre de spectateurs. »
Ecoutons encore le témoignage de Fleury * : « Les distributions et décorations intérieures ont été bouleversées; toute la salle n’est qu’amphithéâtre; elle est plus populaire ainsi, tous les rangs étant confondus; des
colonnes en saillie sont ornées des bustes de Marat,
Jean-Jacques et autres. Une statue colossale de l’Egalité semble présider comme déesse du lieu.
« Le cintre de la salle, le fond des loges à tous les étages, les draperies et le rideau d’avant -scène sont peints des trois couleurs nationales «à raies égales et
1. Article : Odéon de X Encyclopédie du xix* siècle , par Ed. Fournier.