‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 2)Chapitre 95 sur 218 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le cercle est la forme du monde.

Patriotes, cette rotonde Est un Temple à l’Égalité, Dresse de vous si chérie.

Venez contempler la beauté Sous les couleurs de la Patrie !

Tel fut le spectacle par lequel « l’entreprise du Théâtre-National de la rue de la Loi » lit l’ouverture du Théâtre de l’Égalité.

Le surlendemain, 29 juin, on donne le Dépit amoureux en deux actes, et Wenzel ou le Magistrat du peuple , opéra en trois actes de Ladurner, paroles de Fabien Pillet, la dernière nouveauté représentée, le 10 avril précédent, sur le Théâtre-National.

Puis, successivement : l'Ecole des pères , la Nouvelle Fête civique, l'Ecole des maris, la Servante maîtresse et le Retour du mari.

Le 3 juillet, relâche.

Le l\ , Alisbelle ou les Crimes de la féodalité, opéra en trois actes de Desforges et Jadin, représenté en mars de la meme année au Théâtre National, et les Fausses Infidélités.

Puis, les Folies amoureuses , le Bienfait anonyme. Tartuffe, le Consentement forcé, Nanine, la Première

Sur lo rideau, un stylobato de marbre jaune servit de support à un encadrement qui renfermait une statue do la Nature peinte en bronze et modelée en fontaine. L’un et l’autre furent places sur un fond de rayures tricolores. » (La Mésengère, Vuyiujeur à Paris , tome III, pp. 186-187.)

Réquisition, l' Hymne éducative, de Desforges; l'Heureuse Décade, opéra-vaudeville en un acte; Guillaume Tell (pour la rentrée de La Rive), la Gageure imprévue, l* Hymne à la Liberté.

Le 14, « pour célébrer l’époque du 1 /| juillet » pour le peuple : Manlius Torquatus ou la Discipline romaine, tragédie en trois actes, et Sélico, opéra en trois actes, terminé par le divertissement patriotique de la Liberté des nègres.

Inutile de dire que les vieux, habitués ont fui le théâtre égalitaire. Où sont Bailly, Champcenetz, Condorcet ? Plusieurs même ont péri dans la tourmente révolutionnaire. Le noble faubourg Saint-Germain dépeuplé porte le deuil de plus d’un enfant, et l’ancien théâtre des Comédiens du Roi, « vieilles murailles d’un temple sans adorateurs », est « sans-culottisé. »

Ce[>endant une partie des comédiens quitte le Théâtre de la République, où ils ont trouvé un asile au sortir de prison, pour rentrer ù leur bien-aimée salle d’autrefois : c’est d’abord Saint-Fai, qui « débute » le 17 juillet par Damis de la Métromanie, a côté de Molé, dans le Retour du mari; puis Saint-Prix, puis M Ue Fleury (3 août) par Cléofé de Guillaume Tell que son maître, La Rive, joue pour la quatrième fois. Le 29 juillet, on donne les Français dans l’Inde ou l y Inquisition à Goa, tragédie en trois actes et en vers, avec des chœurs « républicains » .

Le l* r août (14 thermidor), remise de Lucinde et Raymond, comédie mêlée d’ariettes en trois actes, de Paësiello, avec des changements.

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