ANNÉE
Dix-sept nouveautés :
Le iO janvier, Picard, sollicité par le succès de sa Petite Ville, lui donne un pendant avec la Grande Ville. Cette comédie épisodique en cinq actes et en prose tombe à la première représentation, mais, réduite à quatre actes, est jouée un grand nombre de fois sous le titre des Provinciaux à Paris ^,
Le ili février, une suite de la Petite Ville et de
1. Cette suite, ou mieux cette contre-partie de la Petite Ville, pièce irrégulière et bizarre dont le titre avait vivement piqué la curiosité, avait été lue par l'auteur, dix jours avant la représentation, dans une maison qui donnait alors le ton à tout Paris, devant 100 à 150 personnes. II y eut aux trois premières, qui furent très-orageuses, des luttes assez vives entre ceux qui voulaient applaudir et ceux qui voulaient siffler. Picard ayant supprimé le premier titre et retranché un acte où quelques censeurs avaient cru voir des personnalités, la pièce resta longtemps sur l'affiche ; elle amusait à la représentation et on la donnait souvent avec la Petite Ville. Cette fois, les Parisiens se trouvaient au bout de la lorgnette. C'était une sorte de lanterne magique où défilaient tour à tour les maisons de jeu, les arrière-boutiques, les coulisses des théâtres, etc. Un censeur en commentait les tableaux,
la Grande Ville fut représentée sous le titre de : le Mariage DE Nina Vernon, comédie en un acte et en prose de Chazet et Dieulafoy, et subit le sort des continuations : elle fut sifïïée comme elle méritait de l'être.
Suivent rapidement trois succès :
Un Petit Mensonge, comédie en un acte et en prose, de Bourbon, très-bien jouée par Picard (8 avril) ;
Les Deux Mères, comédie en un acte et en prose, avec couplets, d'Etienne et Gaugiran-Nanteuil (13 avril);
Un Tour de jeune homme ou une Soirée de Lonchamps, comédie anecdotique en un acte et en prose, de Chazet et Léger (23 avril) .
Le 14 mai, une Matinée du jour, comédie en deux actes et en prose, d'Étienne et Gaugiran-Nanteuil, tomba sous quelques sifflets et fut réduite en un acte à la seconde.
Les deux auteurs prirent bientôt leur revanche par LE Pacha de Suresnes ou V Amitié des femmes, comédie anecdotique en un acte et en prose, avec danses et chanls, représentée avec succès le 31 mai, et reprise au Gymnase en 1822 et 1831 sous le titre de : le Dey d'Alger ou la Visite au pensionnat.
Le 16 juin, Helvétius ou la Vengeance d'un sage, comédie en un acte et en vers, d'Andrieux, très -bien jouée par Vigny.
Le 21 juillet, la Rencontre imprévue ou le Billet de logement, comédie en un acte et en prose, n'eut qu'une seule représentation.
Le 6 août, nouvelle comédie d'Étienne, le Protec-