‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 143 sur 204 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Jeune Femme colère (7 octobre), et de M"*" Deville dans r Épreuve nouvelle et Fanfan et Colas (6 novembre).

Année 1807.

Un décret du 8 juin 1806 sur les spectacles avait fixé le nombre des théâtres de Paris à huit au maximum. Parmi les grands théâtres était cité celui de l'Impératrice, qui « sera placé à l'Odéon aussitôt que les réparations seront achevées », disait le titre (article 3).

Ghalgrin % membre de l'Institut, architecte du Sénat conservateur, et Baraguey, contrôleur des bâtiments du Sénat et architecte -adjoint pour l'Odéon, furent chargés d'établir les devis, qui montèrent à 576,485 fr. 05

Dorfeuille alors revint à la charge et réclama le droit de rétablir son spectacle, à raison du bail trentenaire passé avec sa compagnie le 25 messidor an IV ^ Un M. Dugas, ancien directeur de théâtre, demande aussi qu'on lui abandonne l'Odéon pour trente ans. Le 27 septembre 1807, on présente au ministre de l'intérieur un rapport sur les nombreuses pétitions tendant au rétablissement du théâtre incendié.

En attendant que le Sénat conservateur * eût recon-

1 . Ancien architecte de Monsieur ^ Ghalgrin avait construit la salle de comédie du château de Brunoy. Il mourut en 1811.

2. Archives nationales, section administrative ^F^^ 876, 886.

3. En janvier 1804, Dorfeuille, directeur du théâtre des Jeunes- Élèves de la rue de Thionville, avait ouvert son cours de déclamation dans les salons du restaurateur Léda, rue Helvétius. {Journal du Théâtre-Français . )

4. « Napoléon fut instruit que les sénateurs avaient en caisse une

struit la belle salle du faubourg Saint-Germain que le premier consul lui avait concédée par un sénatus-consultedu ili août 1806 S la troupe de Picard recommence à la salle Louvois une nouvelle campagne. Mais le public n'afflue guère, et les productions de premier ordre sont rares. Si le théâtre périclite, ce n'est faute ni de travail, ni d'intelligence, car cette nouvelle année théâtrale produit vingt nouveautés.

L'infatigable directeur, parvenu au* plus haut point de sa fortune, cesse de jouer en mars 1807. Un décret du 1"" novembre suivant le nomme directeur de TOpéra, et

une somme de 1,550,000 francs. Le Sénat étant venu en corps pour lui présenter ses hommages, il appelle les questeurs et leur demande combien ils avaient en cajsse. « Sire, nous avons bien certainement des fonds, mais il nous serait impossible de déclarer au juste la somme que nous possédons. — Mais dites à peu près. — Nous le répétons à Votre Majesté, cela nous est impossible. — Eh bien, je suis plus avancé que vous, car je sais que vous avez 1,550,000 francs à votre disposition. Je ne doute pas que votre intention soit d'en faire un usage convenable. -— Sire, nous réservons cette somme pour faire élever un monument à la gloire de Votre Majesté. — Jl n'en est pas besoin. Les habitants du faubourg Saint-Germain demandent le rétablissement de la salle de l'Odéon; vous seriez fort agréables à l'impératrice si vous donniez son nom à ce théâtre. »

La députation se retira, et se rendit sur-le-champ chez l'impératrice pour obtenir son agrément, et, sitôt qu'elle l'eut obtenu, le Sénat fit restaurer la salle. {Mémoires sur la vie privée, politique et littéraire de Lucien Bonaparte.)

\ . Cette môme année \ 806, Piis disait dans des stances sur les travaux publics de Paris :

« Je bâtirais ensuite autour du Panthéon ; J'abattrais un vieux pont qui cherche à se défendre,

Je ferais de sa cendre, Au profit des beaux-arts, renaître l'Odéon ! »

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