‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 152 sur 204 · CHAPITRE XVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIl

naire, dans lequel on faisait en trois heures le tour de l'Europe (Angleterre, Espagne, Italie, Turquie et France) , fut sifflé à outrance. Le public, impatienté, dansa dans le parterre ; quelques plaisants contrefirent des cris d'animaux; on aurait pu se croire, disent les récits contemporains, au milieu d'une . basse- cour ^ Cette pièce, représentée sans l'aveu et la participation de l'auteur, qui ne fut pas nommé, n'eut que cinq ou six représentations. Composée dès 1790, et oubliée dans les cartons, elle avait été arrangée par Alexandre Duval et Dumaniant.

Le 16 octobre, au bénéfice de Clozel, autre pièce sifflée : l'Épouseur de vieilles femmes ou le Coureur de vieilles filles^ trois actes, en prose, de Planard.

Le 14 novembre, le Valet de sa femme ou le Mari valet,, comédie en un acte et en vers. Cette petite pièce sans malice, de Joseph A' ide (neveu) et Eugène Décour, obtint un succès contesté (Firmin, M^^^ Devin), et fut heureusement suivie de la réussite brillante des Querelles DES DEUX FRÈRES , OU la Famille bretonne , comédie en trois actes et en vers, ouvrage posthume de Coliin- Harleville, précédé d'un prologue d'Andrieux % ami d'enfance de l'auteur, dans lequel Gollin paraissait en personne (Firmin, Dugrand, Perroud, Fusil,

1 . C'est à peu près l'expression de M. About dans sa préface de Gaëtana.

2. En 1806, Andrieux avait lu un discours sur la tombe de Collin. Il écrivit plus tard la Notice sur sa vie et ses ouvrages, qui se

trouve en tête de l'édition de 4824.

M'"'' Adeline et Molé). Cette pièce, accueillie avec enthousiasme, fit fureur pendant quelque temps.

L'Homme a l'heure, comédie en trois actes, en prose, de P. M. Ochs (de Baie), eut peu de succès.

Enfin le 26 décembre, le Màri sans caractère, comédie en cinq actes, en vers, de Lamartellière, termina l'année par une demi-chute.

Depuis le janvier avaient été reprises à la salle Louvois :

Duhautcours (19 janvier), la Prison militaire et le Parleur éternel (19 février).

Avaient débuté :

M"^ Régnier*, élève de Molé et de Monvel, jeune première de la Porte-Saint-Martin, dans les soubrettes du Mari intrigué et de Marton et Frontin (2 février) ;

j\|iie Degotty, dans l'Entrée dans le monde et les Jeux de V amour (6 février) ;

Ghazel, acteur de province (2 avril),

Fusil, dans les Ménechmes (17 mai),

Dugrand (21 mai),

M"^ Fradelle (24 mai) ,

Et M'"^ Dacosta, élève du Conservatoire et de Monvel, dans les Fausses confidences (1^*" juin).

Un mpis après la réouverture de l'Odéon, on y reprit,

1. Charlotte-Zoé Tousez, née Régnier de la 5nere^ avait commencé au théâtre des Jeunes-Élèves. Passée de la Porte-Saint-Martin au Théâtre-Louvois, elle suivit presque aussitôt ses nouveaux camarades, à l'Odéon, où elle ne tarda pas à remplacer M'^« Molière dans les soubrettes, et qu'elle quitta en 1812 pour entrer au Théâtre-Français.

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