‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 159 sur 204 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

1811. La Femme innocente, malheureuse et persécutée. — Régnier Roi de Rome. — Firmin. — 1812. Les Deux Gendres et Conaxa. — André de Murville et son Héloïse. — 1813. Mutilation et travestissement des pièces de Molière. L'Avare en vers. — Le décret de Moscou, — 1814. Le théâtre de l'Odéon et le retour des Bourbons. — Comédies de circonstance.

Année 1811.

Le Théâtre- Français de l'Impératrice, porté sur le budget de 1811 pour un secours annuel de 50,000 francs (il n'en fut accordé que 24,000) , produisit en cette année 1811, époque de l'apogée impériale, dix-neuf nouveautés :

Le 10 janvier, lè Libelle , comédie en un acte, en vers, de René Perrin (M^^' Henry), et, le 16, Un Lendemain DE FORTUNE, OU les Embarras du bonheur ^ comédie en un acte, en prose, de Picard, n'obtiennent qu'un demi-succès.

Le 17, brillante réussite de l'Oncle rival, comédie en un acte en prose de M'"^

Le 31, demi-succès de Confidence pour confidence, comédie en un acte, en prose, de Boirie, régisseur général, et Maxime de Rhedon.

Le 14 février, au bénéfice de Perroud , chute , selon

l'usage, de l'Accord difficile, comédie en trois actes et en vers, qu'on ne peut terminer et dont l'auteur garde prudemment l'anonyme.

Le 21, grand succès de la. Femme innocente, malheureuse ET persécutée ou V Epoux cruel et barbare, pantomime dialoguée de carnaval , en quatre actes et en prose, parodie de quelques romans et méîodrames de l'époque (notamment de la Reine de Persépolis , drame d'Augustin Hapdé « tirée des meilleurs auteurs, jouée déjà avec le plus grand succès sur le Grand-Théâtre de Pontoise pendant le carnaval de 1810)), et précédée d'un prologue en prose, par Gilles, pseudonyme de M. B. de Rougemont. Dans cette farce , tout à fait indigne du second Théâtre -Français, un lion (Pélissier) et un ours (Valville) s'offraient réciproquement du tabac « en attendant les événements » (Perroud^ Armand, Thénard, Ghazel). M"""" Régnier y fut très -remarquée, et ne tarda pas à être appelée à la Comédie-Française ^

Le 12 mars, le Jeune Frondeur, comédie en un acte, envers, coup d'essai de M. Verneuil, tomba.

Le 20 mars, la naissance du roi de Rome occasionna un Dialogue entre deux grenadiers de V armée d'Espagne, chanson en sept couplets, de M. Dumaniant, trois couplets de Rougemont , qui furent chantés les lendemain et

\. Porte-Saint-Martin, 1810.

2. M"'^ Régnier débuta à la rue de Richelieu par Hernnione et Caniille, et excita presque l'enthousiasme dans ces deux rôles. Cependant, peu après, elle était vouée aux duègnes comiques et aux confidentes de tragédie!

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