‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 190 sur 204 · Comédie, les jours pairs ; opéra, les jours impairs · texte numérisé non relu

Comédie, les jours pairs ; opéra, les jours impairs

Ils donnent :

Le 7 janvier 1797, la reprise du Mariage de Figaro^ par les principaux créateurs de l'ouvrage^ bientôt suivie de celle des Deux Pages.

Le 26 février, les Trois Fils ou V Héroïsme filial, drame en quatre actes, en vers, de Demoustier, qui fit une chute complète.

Le 5 mai, reprise de la Mère coupable, de Beaumar- , chais, drame en cinq actes déjà joué sur le Théâtre du Marais (M"'' Contât, Molé, Fleury) . Le vieux Beaumarchais parut en scène, conduit par M'^' Contât, aux acclamations du public.

Le 8 juin, reprise des Dehors trompeurs.

Le 2 juillet, première représentation de la Rupture INUTILE, comédie en un acte, en vers, de Forgeot (M^i^ Contât, Fleury). ■

A cette date, la troupe est composée de :

MM. Dazincourt, Fleury, Bellemont, Champville, Gérard,

M'"*'' La Chassai gne, / ^fe V ancienne Comédie-Française. Suin, i Louise Contât, I De Vienne, j Émilie Contât, Lange, /

MM. Caumont, Dublin, Dégligny, Lacave, Armand,

Damas, Drouin ;

4. Une anecdote peint le désordre qui régnait à cette époque. A

M^^'' MarsS Dubois, Delille et Séguin.

Revenons maintenant au Théâtre-Français de la rue de Louvois, ouvert le décadi 5 nivôse an V (dimanche 25 décembre 1796) par Iphigénie en Aulide ( La Rive, Saint-Prix, M'^^ Raucourt), et une petite pièce de circonstance du citoyen Laya : les Deux Soeurs, un acte en vers, où Molière paraissait entre Melpomène et Thalie (Saint-Fal, Dupont, M'"'' Simon, Joly et Mézeray).

Ce théâtre donna dans l'espace de neuf mois neuf nouveautés :

Après un heureux début de M'^'' MoHère, actrice du Vaudeville, dans Clarisse de Minuit (31 décembre) , on donna, le 14 janvier 1797, Cécile ou la Reconnaissance, comédie en un acte en vers, tirée du théâtre allemand par Souriguières de Saint-Marc, pièce assez médiocre, qui obtint quelque succès.

Le 13, Saint- Elmont et Verseuil ou le Daiiger d'un soupçon, drame en cinq actes, en vers libres, de Ségur jeune % interprété par Saint-Fal et Picard. Refondu et réduit à trois actes sous le titre de Duval ou le Remords, il

cette reprise du Mariage de Figaro^, une association de voleurs procéda au détroussoment général des spectateurs, non par ruse, mais ouvertement, avec violence, comme si l'opération avait eu lieu sur un grand chemin; ce fait inouï n'eut pas de suites. (Victor Fournel, Curiosités théâtrales; et Charles Maurice, Histoire anecdotique du théâtre) .

\. M'i« Mars avait débuté à l'âge de douze ans (en 1791) dans la troupe de la Montansier, à Versailles.

Le vicomte de Ségur (Alexandre) est mort en 1805. Il était frère du comte de Ségur (aîné), l'historien, membre de l'Académie française, né en 1764, mort en 1812.

fut repris à l'Odéon le 24 mars 1798 avec moins de succès que dans sa nouveauté.

Le 18 mars, demi-succès de Laurence et Aranzo, tragédie en cinq actes de Gabriel Legouvé^ (M*^^ Raucourt) 5 parodiée par le Vaudeville sous le titre de Décence,

Le 3 avril, succès d'interprétation du Jaloux malgré LUI, comédie en un acte, en vers, deDelrieu^ déjà représentée en opéra sur le même théâtre, en 1793, sous le titre du Défi.

Le 19, Sophocle et Aristophane, comédie héroïque en deux actes, en vers, de Raffier et Joly, reçut un accueil assez favorable.

Le 25 mai, Géta, tragédie en cinq actes, en vers, de Cl. Bernard Petitot, n'obtint qu'un succès d'estime (Saint- Prix^ Saint-Fal, Yanhove, M"'' Raucourt et Simon).

Le 19 juillet. Médiocre et Rampant ^ ou le Moyen de parvenir, comédie en cinq actes, en vers, de Picard, fut très-applaudie : les principaux rôles furent créés par Saint-Fal et Vigny.

Le 15 août, nouveau succès de Fernandez, tragédie en trois actes, en vers, de Luce de Lancival.

M^^^ Fleury, première actrice du théâtre de Metz, avait débuté dans Phèdre, le 7 février, et M"'' Nanine, le 23 mai, dans Isabelle du Glorieux,

Le 29 mai, Molé, transfuge de Feydeau, avait rejoint

\ . Le père de M. Ernest Legouvé.

2. « Médiocre et rampant, et l'on arrive à tout ! » avait dit Figaro. L'esprit d'observation de Picard est parti de là pour nous laisser une curieuse esquisse des mœurs et types du Directoire.

ses anciens camarades, et parut au milieu d'eux sur le Théâtre-Louvois dans le Philinte de Molière ^ et les Fausses l7i fidélités.

Le 13 juin, début de M'^^ Beffroi, avec succès, dans r Oracle et F Ecole des femmes.

On avait repris :

Le 1^' mars, Gaston et Bayard;

Le 12 mai, Venceslas, pour la rentrée de La Rive;

Le 21 juin, le Jaloux, de Rochon de Ghabannes ;

Le 25, les Dangers de VOpinion ;

Le 28, Didon;

et le 21 juillet^ la tragédie de Gustave.

Le 4 août^ une représentation des Trois Frères rivaux^ ^ dont La Rochelle jouait le principal rôle, celui de Merlin, valet intrigant, provoqua des allusions à Merlin (de Douai), des troubles et du scandale; la pièce fut retirée du répertoire^ mais le coup était porté, et cinq semaines après, ce ministre, devenu directeur au 18 fructidor, fit fermer le Théâtre-Louvois. Le 2/i fructidor (10 septembre 1797), au moment déjouer le Barbier de Séville et le Médecin malgré lui, arrive un ordre exprès qui prohibe toute espèce de représentations (voir l'arrêté du Directoire).

A cette date, la troupe était composée de :

MM. Molé, )

La Rive, > de V ancienne Comédie-Française. Vanhove, /

\. Comédie en un acte, en vers, de La Font, qui avait eu en 1713 un succès marqué, avec La Thorillière dans le rôle de Merlin.

MM. Florence, La Rochelle, Saint-Prix, Saint-Fal, Naudet ^ Dunan,

jyimes Raucourt, Joly, Thénard, Mézeray, Simon, Fleury,

MM. Chevreuil, Du Groissi, Varennes, Picard, Galand, Valville^ Belleville;

]y|.nes Molé-d'Alain ville , Molière, Dublin^ Picard, Nanine, Masse, Beffroi, Ganville^ etc.

Revenons maintenant aux comédiens de Feydeau : en août, débutent un nouvel acteur dans Eugénie, puis M'"' Quézin dans l'Agnès et la Marianne de Molière.

I.e 25 septembre, une comédie de Marsollier des Vivetières : Géphtse ou VErreur de Vesprit, en un acte, en prose, déjà représentée au Théâtre-Italien (1782) , est bien accueillie, ainsi que V Amour et la Raison, comédie en un [acte, en prose, de Pigault-Lebrun, déjà jouée, en 1790, au Palais-Royal (le 15 octobre).

Les 19 octobre et 6 novembre, rentrées de Fleury dans le Conciliateur et la Feinte par amour, et de M"^ Gontat dans la Mère coupable et les Fausses Confi-

Marsy, Dupont,

de Vancienne Comédie-Française.

1. Revenu de Suisse après le règne de la Terreur, Naudet s'était réuni à ses anciens camarades; il prit sa retraite en ^806.

APPENDICE l.

dences. Ces deux grands artistes* créent, le 4 décembre, LA PiiuDE, comédie en cinq actes, en vers, de Népomucène Lemercier; et, le 16 du même 'mois, le volage Molé, qui a paru à Louvois, rentre à Feydeau dans le Jaloux par amour.

Une partie des <( Tragiques de Louvois )> proscrits en fructidor se réfugient à leur ancienne salle du faubourg Saint-Germain, devenue l'Odéon, comme il a été dit plus haut. Nous les avons vus y débuter le 4 8 janvier 1798 ^

Pendant ce temps, les « Comiques » de Feydeau, après avoir donné : le 13 janvier 1798, l'Epreuve délicate % premier ouvrage de François Roger, comédie en un acte, en vers, qui obtint un succès mérité; le 6 février 1798, LES Dangers de la présomption, comédie en cinq actes, en vers, de Des Faucheretz * , succès d'estime (Molé, M"^ Mézeray); le 4 mars, une reprise de

\. Fleury et M"^ Contât revenaient de Bordeaux, où Talma et M'"^ Petit- Vanliove, puis La Rive, avaient fait de brillantes tournées. Accueillis froidement d'abord, ils y donnent dans la même soirée les Fausses Confidences^ la bluette d'Hoffmann VOriginalj et la Serva padrona de Pergolèse, et sont applaudis avec enthousiasme.

2. Rappelons que ce fut à la salle Louvois que les comédiens incendiés de rOdéon trouvèrent un asile au 20 mars 179^9 : ils y restèrent vingt-trois jours. Deux ans plus tard, ils y fondèrent la Petite maison de Thalie (5 mai 1801), qui sut se maintenir avec quelque honneur près du Théâtre-Français, auquel elle a nui quelquefois, quoique ne jouant que la comédie.

3. Cette bluette, refusée au Théâtre-Français de la rue de Louvois, fut jouée par Fleury, Damas, La Rochelle, M"«» Mézeray et Mars; elle fut reprise à la rue de Richelieu après la réunion générale,

' ainsi que la Dupe de soi-mêmej du même auteur.

Page 1