CHAPITRE IV
1785-1786. Adieux de Brizard et retraite du couple Prcville. — Les Amours de Bayard. — 1787. Débuts de Talma. — 1788. Les Châteaux en Espagne et les Deux Pages. — 1 789. Le Théâtre de la Nation. — 1790. Premières pièces révolutionnaires.
Les années se suivent et ne se ressemblent pas. La vogue du Mariage de Figaro semble avoir épuisé pour un temps la veine de la Comédie; sur treize nouveautés, six chutes complètes , pas un succès , et , pour comble , Préville, le plus grand comédien de l'époque, une des gloires les plus pures du Théâtre-Français, allait quitter la scène, suivi dans sa retraite par sa femme, par M^'^ Fanier, et par Brizard, un des meilleurs acteurs tragiques du temps.
L'ouverture se fait, le mardi 5 avril 1785 , par un Discours de Saint-Prix , Britannicus et V Ecole des maris.
Première chute, le i2 avrils avec lès Deux Frères, comédie en cinq actes et en vers, de M. de Rochefort.
80 avril, — Albert et Émilte, tragédie en cinq actes et en vers, tirée du théâtre allemand par M. Dubuisson.
6 mai, — Autre chute : Li Comtesse de Chazelles, comédie en cinq actes et en vers, de M"'" la C"^ de Montesbon. Attribuée successivement à M. deSégur, au marquis
de MontesquioQ, à la comtesse de Balby et à Monsieur^ cette pièce fut bientôt retirée par l'auteur ^
5 juin, — RoxELANE ET Mustapha, tragédie en cinq actes et en vers, fruit des loisirs d'un honnête mercier, M. Mais'onneuve.
20 juin. — L'échec de l'Epreuve délicate, comédie en trois actes et en vers de Philippe Grouvelle% est heureusement réparé, le 8 août, par Melcour et Verseuil, comédie en un acte et en vers, d'André de Murville (Molé, Fleury, Larochelle, M''"' Contât et Joly) .
Le i*""" octobre. — L'Hôtellerie ou le Faux ami, drame en cinq actes et en vers, imité de V Hôtel garni, de Brandes, par M. Bret, ramena la mauvaise chance, que n'arrêtèrent ni Edgard, roi d'Angleterre, ou le Page supposé, comédie en deux actes et en vers, du chevalier de Chénier, alors âgé de vingt ans, jouée lei4 novembre ; ni l'Oncle et les Deux Tantes, comédie en trois actes et en vers du marquis de La Salle, le 25 novembre; ni Géramis, tragédie de Lemierre, le 29 décembre, dont le succès resta faible malgré quelques changements faits pour la deuxième représentation.
\. Le 18 mai 1785, les comédiens demandent à rétablir le premier éclairage (lustre à bougies) qu'ils ont inconsidérément abandonné pour les lampes de Quinquet et Lange, qui offrent le double inconvénient de Técoulement de l'huile et du bris des verres (Archives nationales^ 0^ 1706, ancien régime, 6« dossier).
2. Grouvelle fut, plus tard, ministre de France en Danemark. « Le caractère de M. Grouvelle, dit Rivarol, est aussi remarquable que son talent : le jour où l'on donna pour la dernière fois la première représentation de sa pièce, il montra une gaîté qui charma ses amis et dit des bons mots que ses ennemis retinrent. »