CHAPITRE V
Belmont et Vanhove sont chargés d'aller porter le nouveau refus au conseil de ville. « Jamais je ne recevrai d'ordre d'un municipal , qui est ou mon chandelier ou mon marchand d'étoffes ! » disait avec colère M"' Contât.
Cependant le sieur Palissot, que nous retrouvons toujours quand il s'agit d'être désagréable aux sociétaires, publiait contre eux, sous le nom de M. de Boizi , une brochure perfide ^ Un autre libelle, d'un M. Duchosat% engageait la municipalité à sévir contre « les aristocrates » et « les inciviques » de la Comédie. La jeunesse révoliitionnaire , toute- puissante dans la presse, liée avec Chénier et Talma, cabalait en leur faveur; l'opinion était contre les comédiens. Le 2/j. septembre, la municipalité déclara leur dernière lettre contraire au respect dû à son autorité, et leur réitéra son injonction précédente. De nouvelles réclamations bruyantes du public ayant motivé, le 26, l'intervention de Bailly, la fermeture du théâtre fut ordonnée jusqu'à ce que les comédiens eussent obéi. Le 28 septembre, ils cédèrent, et Talma reparut dans Charles IX y après deux mois d'exil , aux acclamations de ses partisans.
Cette victoire ne trompait personne : la Comédie était désunie; M^^" Contât % Raucourt et Saintval don-
1. Considérations importantes sur ce qui se passe depuis quelque temps au Théâtre de la Nation et particulièrement sur les persécutions exercées contre le sieur Talma.