‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 54 sur 204 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le lendemain ^6. — Clôture (de cinq jours) par Mérope^ et la quatorzième du Conteur,

Dans cette année théâtrale, on ne remit que deux ouvrages au répertoire : Virginie, de Laharpe (1786), et Adélaïde Duguesclin ou le Duc de Foix (1765). DeuK débuts à signaler : de Goréard aîné dans les valets, de M''^ Turbot dans Tancrède, Dupont, Dunant, Grammont-Roselly et M"® Mézeray avaient été reçus.

1793. Campagne de cinq mois. (Avril à septembre).

Lundi P'' avril. — On rouvrit par Horace et la Surprise de r Amour. Pour obéir à l'arrêté du directoire du département de Paris, relatif aux monuments nationaux, le théâtre écrivit sur sa façade :

« Unité, Indivisibilité de la République française. » (( Liberté — Egalité — Fraternité — ou la 3Iort, »

Mais comme s'il eût été étranger aux événements du dehors, il donna le i9 avrils une aimable comédie en cinq actes et en vers, de Demoustier : les Femmes, qui fut réduite en trois actes à la seconde (Louise et Émilie Contât, Lange, Devienne, MM. Fleury, Dazincourt^).

2 mai. — Adèle de Crécy, drame en quatre actes et en vers, de Dercy, n'obtint qu'un faible succès qui

1. Le Roi est mort, la tragédie court les rues, selon l'expression de Ducis, et cependant on joue une pièce légère et badine; c'est ainsi qu'en 179Zi, au plus fort de la Terreur, les Étrennes lyriques publieront des chansons anacréontiques !

fut bientôt suivi de la chute des Quatre Soeurs, comédie en trois actes et en vers libres {23 mai) .

5 juillet. — La Vivacité a l'épreuve, comédie en deux actes et en vers, de Vigée (Des Essars, Naudet, Saint-Fal), fut sifflée.

Jeudi i''' août, — Paméla, ou la Vertu récompensée^ comédie en cinq actes et en vers, de François de Neufchâteau, eut un éclatant succès. M''^ Lange, rentrée depuis le 3 avril, y fit sensation. On "avait remis pour elle Zaïre et Mahomet,

Le iO juillet. — Pour M'i« Contât, les Fausses Confidences de Marivaux, qui appartiennent depuis 1736 au répertoire du Théâtre-Italien, passent à celui de la Comédie et font de belles recettes.

Paméla fut représentée huit fois jusqu'au 29 août,

puis suspendue par ordre. La neuvième représentation, « avec changements et corrections », eut lieu le 2 septemhre, — Dans la nuit du Î2 au 3, le Comité de salut public fit fermer le Théâtre de la Nation et arrêter les comédiens et comédiennes ainsi que François de Neufchâteau. Les hommes furent conduits aux Madelonnettes, et les femmes à Sainte-Pélagie ^ (Voir le chapitre VIII). L'affiche porta : « Relâche jusquà nouvel ordre ! »

1 . Jusque-là, les Comédiens n'avaient subi que de courtes détentions au For-L'Èvêque pour des peccadilles; Molé y avait été enfermé douze jours en 1765, au sujet du Siège de Calais (affaire de Dubois) avecLekain, Daubervalet M^^* Clairon ; on les faisait sortir chaque soir pour leur service au théâtre et on les ramenait en prison après la représentation.

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