CHAPITRE XIV. m
du matin, Tincendie se déclarait; à neuf heures et demie, les combles s'effondraient avec fracas et, en moins de ([uatre heures, la salle était réduite en cendres. Etait-ce négligence ou manque d'eau? Non,, puisque après une tentative d'incendie du 16 mars 1797, attribuée à la malveillance par Poupart-Dorfeuille et Machet dans une [)lainte au ministre de l'intérieur*, l'architecte Le Clerc avait fait construire un réservoir', et qu'à la 6n de 1798, trois mois avant Tincendie, de nouveaux travaux avaient été faits pour assurer le théâtre contre le feu ; cependant un ouragan arrivé dans la soirée du 21 février 1799 avait enlevé environ 20 mètres d'ardoises du comble de rOdéon, brisé les carreaux des croisées et renversé plusieurs tuyaux de poêle, a ce qui pourrait, disait un rapport de Peyre- jeune en date du 23, occasionner des craintes jx)ur le feu, si le vent portait du côté du poêle' ».
1. Rapport du 3 vcntôso an V. On avait essayé do mettre le feu par es bouliciucs do libraires situées sous les arcades.
t. Trois ans auparavant, l'incendie du Grand-Théâtre de Nantes (24 aoiil I7U6) avait fait redoubler de précautions; un rapport au ministre de rinlériour du 49 fructidor (15 septembre) avait proposé d'établir sur le conduit d'Arcueil aboutissant au palais directorial un embranchement dont le tuyau, terminé par un robinet, débiterait Teau au besoin dans le réservoir, sous la surveillance des pompiers. On observait aussi que les ouvriers fumaient dans l'intérieur do la salle, en répardtiun, et Ton proposait de faire imprimer une défense à cet égard.
Ces deux propositions avaient été approuvées, des pompes à bras établies par Brasle, ingénieur hydraulique en chef du département de la Seine, et ordre avait été donné au commandant des pompiers de fournir à rOdéon trente-six seaux nécessaires pour obvier aux incendies (viMitôso au V).