CHAPITRE XIV
taires et plusieurs artistes attacliés à ce théâtre. Dévouement généreux des militaires, dont plusieurs ont failli être victimes de leur zèle. Guand rapport fait aux citoyens administrateurs de l'assurance mutuelle des pro-
priétés contre les incendies sur ce malheureux événement^ ou Lettre du citoyen André, artistey », et le « Funeste
INCENDIE QUI VIENT d'AVOIR LIEU AU THEATRE DE l'OdÉON
{Perte totale de ce superbe édifice, où, il ne reste plus que les murs, dévastation générale de ce monument des arts; réflexion à ce sujet, traits d' héroïsme des pompiers, dont l'un a péri, et celui du citoyen Lafilé, fjui a arraché aux flammes une enfant de six ans) ' ». On fit jusqu'à des vers latins sur ce sinistre :
« Cernisubi cincres, excelsa theatra patcbant; Has tragica, bas coluit nmsa jocosa domos; Livida nativo invidia bic dcpicta colore Vindicte statiiit mox monumenta suk. »
dont le quatrain suivant donne la traduction :
« Les cendres, les débris quMci ton œil contemple, Hier, des arts, du goût étaient Tauguste temple ; L*Envie a dans ces lieux, contre Tbalie en pleurs De son cruel dépit signalé les fureurs » \
1. Mars 4799. In-8 do 4 pages, de rimpriracrie de radminislration d'assurance mutuelle entre les propriétaires contre les incendies, rue et passage des Petits-Pères, n»" o et 9. (Bibliotèquo nationale, L'. K. 7,652.)
2. Mars 4799. In-3 do 4 pages, imprimerie Renuudière, rue de la Harpe. (Bibliotbèque nationale, L'. K. 7,653.)
3. On trouva dans les décombres des morceaux do soufre qui motivèrent un € rapport de M. Sage, minéralofçiste, sur les matières combustibles qui se sont trouvées dans les débris do TOdéon. » {Moniteur du y germinal, p. 189.)
L'incendie s*attaqua moins à la scène et aux dépendances de la scène qu*aux diverses parties de la salle ; c'est ainsi qu'on a pu conserver : au premier étage le plafond circulaire y peint et doré (par les soins, dit la légende, de M. le comte d'Artois), de la loge de M"' Contât, aujourd'hui notre magasin de meubles, et les portraits historiques et les bustes qui forment encore le précieux musée du Théâtre-Français ; mais le feu, suivant une tradition de Grandménil^ aurait détruit le peu qui survivait dans les archives des autographes et des papiers de Molière * .
4. Edouard Fournier, le Roman de Molière, 1863, Dentu, p. 433. L'incendie ne détruisit pas tous les papiers, puisqu'on août 1809, c'està-dire dix ans après. Després, membre du comité du Théâtre-Français, et Bontemps, archiviste de la Comédie-Française, vont à TOdoon, rassemblent les registres, cartons et papiers des archives et les font emporter rue de Richelieu. (Jules Bonnassies, Comédie-Française, Histoire administrative, pp. 268-269.)