‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 4)Chapitre 130 sur 217 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

quelques pérégrinations, rentre à Feydeau par la Saint- Pierre ou Corneille à Rouetiy comédie en un acte et en prose avec couplets, de Picard (représentée à Rouen, patrie de Corneille, le 29 juin précédent, sous le titre de la Fêle de Corneille^ elle eut peu de succès à Paris) , et le CollaléraL

Le fécond comédien-auteur obtient, le 16, un succès avec sa comédie en cinq actes et en prose, les Trois

Maris *.

Le 9 septembre, les Parents, comédie en cinq actes et en vers de Dorvo, fut sifllée à la première, et réduite en trois actes à la seconde (Dorsan, M"*" Molière).

Le 19 septembre, on donne les Rivales, comédie en cinq actes de Lantier, réduite à un acte (Clozel, transfuge de la Gaîté) .

Et le 26 octobre, l'Homme a Sentiments ou le Moraliseur^ comédie en cinq actes et en vers, tirée de V Ecole du scandale de Sheridan, par L. Cl. Chéron', déjà représentée à la Comédie-Italienne le 10 mars 1789, et réduite a trois actes au bout de vingt représentations.

Un mois après, les comédiens cessent de jouer à la salle Feydeau, qui continue ses représentations comme théâtre lyrique et à laquelle sera bientôt réuni le théâtre Favart, pour constituer l'Opéra-Comique.

1 . Picard, sans cesse à son poste d'observation, toujours saisissant au vol le ridicule courant, donne les Trois Afaris à une époque où toutes les dames avaient la manie de se faire dire la bonne aventure. Il v présente au public une jeune sorcière riche et élégante.

t. Mort préfet de la Vienne le 43 octobre 4807.

Nous les retrouvons pour deux actes de bienfaisauce, les 17 et 24 janvier iSOl, au Théâtre Lyri-Comique ou deThalieS où ils donnent, « au bénéfice de leurs employés», le Collatéral et les VoisinSy et au théâtre Molière des rues Saint-Martin et Quincampoix*, « au bénéfice d'une famille malheureuse », Misanthropie et Repentir ei les Voisins. Picard et M""'' Mole abandonnent leurs droits d'auteurs.

En avril, Peyre fils répare et embellit le Théâtre des Troubadours de la rue de Louvois ' qui vient d'être obligé de fermer, et dont une lettre de Picard, du 10, annonce la réouverture par les artistes de l'Odéon.

Très-habile en matière de direction théâtrale. Picard avait composé sa troupe avec une merveilleuse intelligence ; les sujets pris isolément n'avaient pas une très grande valeur, mais l'ensemble était excellent : « La société — disait le célèbre Geoffroy *, qui fut pendant quinze ans

4. Théâtre des Délassements du boulevard du Temple, fermé en 4803. On appelait aussi le théâtre Mareux : Théâtre des Jeunes-Éfèves dramatique et lyrique (en face la rue de Jouy, ancienne Boule-Rouge).

t. Ouvert en 4794 par Boursault-Malherbe, il devint pendant la Révolution théâtre des Sans-Culottes, puis en 4803 théâtre des Variétés nationales et étrangères, et enfin des élèves de rOpéra-Comique.

3. Ouvert en 4 794 sous la direction de Picard, qui y joua ainsi que son frère et sa femme (valets et soubrettes}, le théâtre Louvois avait été bâti par Brongniart. Forioso, le danseur de corde, y succéda aux Troubadours, venus eux-mêmes de la salle Molière. Ribié en fut directeur.

4. Geoffroy continua V Année lilléraire de Frcron de 4776 à 4794, collabora avec Royou au Journal de Monsieur, à VAmi du Roi, et, à partir de 4 800, fut chargé do c la partie des spectacles » au Journal des Débats. Il mourut le 26 février 4844. Son Cours dà littérature dramatique a paru en 6 volumes, de 4849 à 4825.

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