CHAPITRE XVII. M
le même mois il remplace à l'Institut M. Dureau de la Malle (2A. novembre) . Mais auparavant, la situation de son théâtre est nettement définie par le règlement du 25 avril, arrêté par le ministre de l'Intérieur en exécution du décret du 8 juin 1806.
Passons en revue les nouveautés de cette année 1807 :
Le 2 janvier, les Trois Rivaux ou Chacun sa manière, comédie en un acte et en vers, de Charles Maurice, fut très-applaudie^ mais attira peu de monde.
Le 8 janvier, le Secrétaire mystérieux, comédie en trois actes et en prose de Patrat fils, obtint quelque succès.
Le 15 janvier, brillante réussite des Ricochets, comédie en un acte et en prose de Picard (Vigny, Clozel, Firmin) ; demandé à grands cris après sa pièce, l'auteur est forcé de paraître; un M. Villiers lui jette sur le théâtre ce madrigal impromptu :
« Au dialogue, à la manière Dont Picard traite ses sujets, On voit que du goût de Molière 11 hérita par ricochets ! »
Cette petite comédie, qui dans un cercle aimable renfermait une idée morale, était celle de ses petites pièces que l'auteur préférait; elle est restée au répertoire*.
Le lundi gras 2 février, succès du Carnaval de Beaugengy ou Mascarades sur Mascarades, farce de circonstance en un acte et en prose ; un cheval de carton,
4. Voir, au Journal de Paris du 3 février, une chanson do Décour en six couplels intitulée : les Ricochets.
tu L'ODËON.
chargé d'artifices et monté par Glozel, est demandé à la fin de la pièce avec les auteurs, MM. Etienne et Nanteuil. Cette farce fut dédaignée de la critique, qui se contenta de noter dans le style du temps : « Nanteuil agite les grelots de Momus sur le théâtre de Picard. »
Trois succès suivirent :
Le 2 mars, le Valet d'emprunt ou te Sage de dixhuit ans y comédie en un acte et en prose de MM. Désaugiers et *** ^ ;
Le 12, l'Influence des Perruques' ou le Jeune Médecin^ comédie en un acte, en prose, de Picard, redemandé avec instance après la première (Clozel et Vigny);
et le 2 avril, l'Avide Héritier ou V Héritier sans
héritage, comédie en trois actes, en prose, de M. de Jouy (Clozel, Picard jeune). Cette dernière production, dont le fond appartient à Imbert, provoqua un diélange de critiques et d'éloges : le premier acte fut applaudi, le deuxième toléré, le troisième sifflé.
Le 7 avril, débuta Perroud, venu de province, où il était célèbre, pour remplacer Picard dans l'emploi des valets : il fut ramené sur la scène par son prédécesseur, et, le 14 avril, remplit quatre rôles différents dans l'Artiste pajr amour ou les Nouveaux Déguisements
4. La première représentation fut un peu' froide ; le sujet n'était d'ailleurs ni bien neuf ni bien piquant.
2. Cette bluette amusante de l'Influence des Perruques présente un dénoûment « tiré par les cheveux , » disaient les Saisons du Parnasse.