‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 4)Chapitre 162 sur 217 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

le 16 juillet \ avec un éclatant succès de décors elt de costumes, LES Amours de Bâtard ou le Chevalier sans peur et sans reproche , comédie héroïque à grand spectacle, en quatre actes et en prose, de Monvel (1786). Retiré du Théâtre- Français au moment où il allait y être incessamment repris, ce mélodrame attira une foule énorme à la première. Le public, monté dès le commencement de la pièce sur le ton de la belle humeur, plaisanta et rit à quelques scènes pathétiques, ce qui n*empécha pas cette reprise d'avoir trente représentations (Firmin , Clozel , M""" Dacosta, Mole, Régnier).

Autres reprises :

L'École des juges (27 juillet) , Tom Jones (6 août) , Elina et Nathaue ou les Hongrois , drame traduit de Kotzebue par Pointe, arrangé par Dumaniant pour la scène française, et jouée d*abord au Théâtre-Molière (21 août) ; J'ai perdu mon procès^ comédie en un acte, en vers, de Dejaure et Âdenet (k septembre) ; le Mari ermite (10 septembre), les Trois Cousines, avec succès, pour les débuts de M. Morand, danseur, dans les divertissements (16 octobre) ; les Deux Sceurs, un acte en vers de M"* Saint-Léger (25 novembre), et le Dragon de Thionville, un acte en prose de Dumaniant (2& décembre) • Ces

i. Cinq jours après, le 24 juillet, le Vaudeville donna la parodie de la pièce de Monvel, sous le titre de Bayard au Pont-Nbuf ou le Picotin d'avoine. Cette folie impromptu ou farce allégorique ridiculisait sans façon la querelle des deux théâtres au sujet d'une production médiocre, que ce conflit seul rendit célèbre.

deux dernières pièces avaient été représentées à l'ancien Théâtre des Variétés.

Débuts à la rive gauche : de M"^ Schmitz et de M. Angellier dans Tom Jones (6 août), de M. et M"* Faure* dans les Deux Figaros et les Jeux de Vamour (17 et 2ii août) ; de M. Massin dans l'Habitant de la G^iadeloupe (24 octobre) ; et de M"® Roland dans les Jeux de r amour et du hasard (2 décembre).

Année 1809.

En dépit d'une dévorante activité, Tannée 4809^ qui vit représenter vingt-deux nouveautés, ne fut pas heureuse. La comédie attira moins de monde à TOdéon , quatre jours de la semaine, que l'opéra- buffa les trois autres*.

Le 9 janvier, une nouvelle pièce écrite à la mémoire de Gollin-Harleville, le Message aux champs Élyskes ou la Fête des arts et de Vamitié^ comédie épisodique en un acte et en vers, « ornée de ses agréments », par Aude neveu, fut donnée avec succès.

Le 23, autre succès avec le Mariage impossible, comédie en trois actes et en prose de Dumaniant, secrétaire général du théâtre, au bénéfice et pour les adieux

i. Faure, venu d'Amsterdam, ne fil que passer à FOdéon ; il débuta en 4809 au Théâtre-Français dans l'emploi des comiques.

2. On propose à celte époque au minisire de faire décréter que les pièces devenues propriété publique pourront être jouées au Théâtre de rimpératrice lorsque le Théâtre-Français ne les aura pas jouées depuis deux ans.

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