u Quel exemple aux mortels qui portent lu couronne
Laissons faire le temps; à la grandeur du trône ,
Bien avant la représentation, les amis de la royauté, gentilshommes de la Chambre, auteurs ou acteurs ayant eu œnnaissanœ de Tœuvre nouvelle, se demandaient tout haut et avec inquiétude s'il n'y avait pas un danger sérieux pour le pouvoir et la religion à montrer un roi de Franco poussé par ses conseillers au plus effroyable des crimes, celui de tirer sur son peuple, et à mettre en scène un cardinal autorisant le meurtre et prônant l'inquisition à l'heure où la Bastille écroulée indiquait qu'une terrible Révolution commençait. Ces craintes, — très-légitimes, on en conviendra, — répétées et commentées, irritaient Chénier et ses partisans. Le moyen, en effet, de faire admettre ces raisons toutes de convenance politique à un auteur qui voit approcher l'heure de sa première, à un comédien qui, comme Talma, se sent enfin après deux ans de patience et d'impatience en possession d'un rôle digne de lui?
Au mois d'août, le public ayant demandé à plusieurs reprises la tragédie de Chénier, les comédiens profitèrent de cette réclamation pour solliciter du maire de Paris, Bailly, l'autorisation d'en donner la représentation : « Je sais ce que signifie cette demande du public, leur répon-
On verra succéder la grandeur do TÉtat.
Le peuple tout à coup reprenant son éclat Et des longs préjugés terrassant l'imposture Réclamera les droits fondés par la nature ; Son bonheur renaîtra du sein de ses malheurs ! Ces murs baignés sans cesse et de sang et do pleurs, Ces tombeaux des vivants, ces Bastilles affreuses, . S'écrouleront alors sous des mains généreuses ! •