LES MAGDELONNETTES ET SAINTE-PÉLAGIE
Mole au Théàtre'National de la rue de la Loi, — Pétition des prisonniers à la Convention. — Fouqoier-Tinville et CoUot-d'Herbois. — La a tête n de la Comédie est condamnée.
Dans la nuit du 3 au h, triste anniversaire des mas* sacres de septembre, l'auteur de Paméla est arrêté et conduit à l'hôtel de la Force, d'où on le transfère, le 6, à la maison d'arrêt du Luxembourg, qui compte déjà sept détenus*.
Le 4, Sainte-Pélagie reçoit les « citoyennes » Petit- Vanhove, Anne-Françoise-Elisabeth Lange, Fleury, La Chassaigne, Devienne, Suin, Joly et Raucourt. « Point de causes expliquées » , dit VEtat des prisons j qui porte à 118 le total des détenus de cette maison (81 hommes', 37 femmes).
4. Du 5 septembre, Magdelonnettes, 426 détenus. — Luxembourg, 7 —
Pu 6 — Hôtel de la Force, sortis : Scherf et François
de Neufchàteau (État des prisons de Paris, publié par le Journal de Paris).
2. Les poêles Raynal et Boucher furent mis à Sainte-Pélagie, ainsi que Fauteur Ronsin, entré le 48 décembre 4793.
Le lendemain 5, M"* MézerayS « attachée au Théâtre- Français et arrêtée comme mesure de sûreté », y rejoint ses camarades ; Louise et Emilie Contât sont enfermées aux Anglaises.
Les hommes avaient été conduits à la maison de force des Magdelonnettes, ancien couvent du quartier du Temple, la plus insalubre des cinquante-quatre prisons de Paris, affectée aux voleurs et repris de justice.
C'étaient, d'abord, les créateurs de Paméla : Fleury, Dazincourt, Saint-FaI, Dupont et Dublin. MoIé seul, leur doyen, manquait à l'appel; sa réputation de civisme l'avait préservé.
Saint-Prix, Vanhove, La Rochelle, Champville, Dunant et Alexandre Pineu-Duval, etc., complétaient un total de cent ving(r-six détenus. Il faut lire dans les 3/é'moires de Fleury le récit de leur « retraite économique » , comme eût dit Figaro : les anecdotes plaisantes des mouchettes indivises^ du balai de Saint-Prix, nouveau sceptre du Roi des Rois, etc. La bonne humeur de Champville, le Sancho-Pança de la Comédie, les égayé et les console : «C'est égal, disaient-ils en parlant de leur dernière représentation du 2 septembre, c'était une belle soirée M »
4. Elisabeth Lan^e et Joséphine Mézeray sortent de Sainte-Pélagie le 25 septembre 4793 {État des prisons),
t» Le 28 novembre suivant, tous les sujets du Grand-Théâtre de Bordeaux, au nombre de 86, furent également arrêtés en masse : « Cétait un foyer d'aristocratie, disaient les terroristes, nous l'avons détruit I » (8 frimaire an II] • Detcheverry, Histoire du théâtre de Bordeaux, 4860.