‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 4)Chapitre 77 sur 217 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Manlius Torquaius^ tragédie en trois actes, en vers, (le Lavallée;

Alisbelle ou les Crimes de la féodalités opéra en trois actes en vers de Desforges, musique de Jadin.

Et la Journée de Vamour^ ballet-divertissement en un acte de Gallet, musique de Mengozzi * .

Le 9 novembre, Mole y paraît dans le Philinle de Molière; cette représentation fut une véritable lutte, on fut obligé de faire évacuer la salle. Le lu, le théâtre est fermé, et, le lendemain, la directrice arrêtée, sur la dénonciation d'Hébert et de Chaumette, au moment où Fabre d'Eglantine l'accompagnait chez une actrice dont elle allait signer l'engagement*.

Le Théâtre-National, rouvert quelques jours après, fut mis en société provisoire par autorisation du Conseil de la Commune, avec Bonneville et Armand Verteuil pour commissaires, et engagea Mole, dont on annonça le début, comme « premier acteur » de ce théâtre', dans le Misanthrope. 11 y parut en effet le 7 décembre, et passa

4 . Nous donnons une liste de ces pièces, parce qu'elles furent presque toutes représentées peu après sur l'ex-Théâtrc de la Nation.

2. La Montansier et Neuville, arrêté plus tard, furent détenus à la Petite-Force, puis transférés, après le 9 thermidor, au collège du Plessis; mis en liberté après une captivité de dix mois, ils se marièrent.

3. Le 44 novembre 4793, « Mole prie les citoyens journalistes qui veulent bien annoncer son entrée au Théâtre-National de la rue de la Loi de supprimer les qualités de premier acteur de ce théâtre :

« Car on ne connaît point chez nous de primauté (laMélromanie). » Ce qui fut vrai pour nous par Piron est aujourd'hui vrai pour tous par la volonté du peuple français. » [Journal de Paris National, p. 4î80 6i«.)

suc:essivement en revue les principaux rôles de son répertoire : les Fausses Infidélités^ le Méchant^ le Babillard, Nanine, V Impatient, le Bourru bienfaisant, le Retour du Mari, la Gageure imprévue, etc., mais prostitua soq talent en créant le rôle de Marat dans une pièce de Féru fils, LA Mort de Marat, ou les Catilinas modernes, « fait historique » en trois actes et en vers; M*'*' Saint-Val cadette joua CharloUe Corday. L'auteur reconnaissant dédia à son principal interprète une épitre qui se termine par ce vers parti du cœur :

Ressuscite Marat... tu me rends à la vie ^ !

Molé avait adressé, lel**" décembre, aux artistes réunis au Théâtre-National, rue de la Loi, la curieuse lettre suivante :

« Prévenu d'avance. Frères el Camarades, qu'instruits « de la suspension de mon engagement par l'inexécution « de quelques conventions verbales, vous viendriez me « renouveler la proposition de jouer sur le Théâtre-Na- « tional moyennant une rétribution journalière, j'ai songé « que, par délicatesse pour vous, je ne devais pas me « donner pour rien, et que, par délicatesse pour moi, je <r ne devais pas me faire payer de vous.

« J'ai cherché, dans cette alternative, à tout concilier,

« Mes oisives après-midi et vos efforts seront employés en c( bienfaisance patriotique : vous me donnerez 300 livres

h . Marat était mort le 4 3 juillet sous le couteau de Charlotte Corday qui fut exécutée le 45. Le 45 pluviôse an II (4 février 4794}, on représenta à Toulouse une Mort de Marat, tragédie en trois actes et en vers, suivie de son Apothéose, par J.-F, Barrau.

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