CHAPITRE XV
de l'Odéon, fut trouvée ennuyeuse. 11 y avait cependant de beaux vers et des décors de Cicéri ; malgré cela ce fut un insuccès. M" 10 Uorval, dans un rôle de mère, fut admirable au quatrième acte. Pauvre grande artiste ! ce devait être sa dernière création à l'Odéon. En 18Û9, après avoir perdu son petit-fils, son doux petit Georges, l'excellente femme, frappée au cœur, s'éteignit dans le désespoir et les larmes 1 . (Randoux, Clément-Just, Ballande, A. Mauzin.)
Le 29 avril, La course a l'héritage, comédie en cinq actes, en vers, de Viennet. Des tirades d epitres coupées depigrammes ne constituent pas une pièce de théâtre; l'auteur s'en aperçut après son deuxième acte ; le public, qui avait écouté d'abord avec bienveillance, se fâcha et siffla ; bref ce fut encore un succès contesté, comme ceux qu'obtenait toujours le spirituel académicien. (Delaunay, Monjauze, Victor- Henry; M me9 Fernand, Moreau-Sainti.) Un des interprètes s'était habillé comme l'auteur.
Le 15 mai, deux premières représentations : Au petit bonheur, comédie en un acte, en prose, de M. Prosper Poitevin, petit lever de rideau sans prétention, qui fut favorablement accueilli. (Blaisot, Jourdain, M™ 0 ' Bonval et Delvil), et L'antiquaire* comédie en quatre actes, en vers, de M. Antony Thouret. On avait parlé de cette œuvre comme d'un ouvrage sérieux et plein de promesses ; le public ne ratifia point l'opinion des amis de l'auteur et de la direction. Ce fut un insuccès très bruyant
1. Lire le poignant récit d'Alexandre Dumas père : la Dernière année de Marie Dorval, Paris, Librairie nouvelle.