CHAPITRE XVIII
Vainement Alfred de Musset, Jules bandeau, Ponsard, Th. Barrière, L. Guillard et Jules de Prémaray apostillèrenl la demande de prolongation qu'il présenta au ministre; il lui fut écrit : « Que son exploitation n'avait pas « paru répondre assez complètement aux intentions du « gouvernement et qu'en conséquence son privilège ne « serait pas renouvelé » .
Voici quels furent les comédiens que l'on vit sur la scène de l'Odéon pendant cette période de trois années : M. Bouchet, dont nous avons parlé sous Lireux et qui n'avait pu être nommé sociétaire au Théâtre-Français, après une année passée à Bruxelles retrouva sur la rive gauche la faveur du public et plusieurs belles créations, notamment le Richelieu de M. Peillon,où il fut remarquable. Clarence, Anselme, Harville, Roger, Moreau-Sainli, Gamard, Jahyer, Savigny, Félicien, Eugène Douin passaient de l'ancienne troupe dans la nouvelle, ainsi que M™* Roger-Solié, Payre, Moreau-Sainti, Morel, Dupont, Holbé, Talini, Caron et Dargilly.
Boudeville frappait une troisième fois aux portes du second Théâtre-Français et enfin les trouvait grandes . ouvertes; sa femme, que Ton avait déjà applaudie aux théâtres du boulevard, fut aussi engagée, pour essayer de remplacer M™ Marie Laurent, qui venait de signer un * engagement à la Porte-Saint-Martin.
Parmi les nouvelles recrues : Métrème, sortant de la Comédie-Française, où il devait rentrer plus tard, fut très-remarqué, ainsi que Néroud, Têtard, second comique, talent souple et fin ; Fleuret, tragédien, et Tournier,
amoureux. Caristie-Martel , après des débuts brillants, devint un des meilleurs jeunes premiers rôles de la maison ; une maladie des yeux éloigna trop tôt cet artiste vaillant et lettré de la scène ; après plus de dix années passées dans le professorat, ce comédien est aujourd'hui l'un des pensionnaires les plus appréciés du Théâtre - Français. Kime, excellent acteur, supérieur dans quelques rôles. MM. Chéry, Philippe, Tallin, Videix; Langlois-Fréville, le vétéran de l'Odéon, un type étonnant, consciencieux et vrai, excellent dans les caricatures, qui dans cent petits rôles « sut se mettre au premier plan », comme disent les clichés des journaux de théâtre.
M ,ne Grassau, alors en pleine possession de son talent dans l'emploi des duègnes ; M" e Sarah-Félix, une des sœurs de Rachel ; M mM Fortin, Jeanne Anaïs, femmed'Eugène Bondois, l'excellent régisseur général de la direction Duquesnel ; la jolie M"° Théric ; M Ue Bilhaut, élève de Sam son, soubrette intelligente et gaie; M me * Thivet, Jolivet, Lafont, Victorine Gros; M ,,e Valérie, charmante comédienne, plus tard M' ne Fould, qui, sous le pseudonyme de Gustave Haller, s'est fait une place dans les lettres; M 11- Siona Lévy (M mo Ernst) ; Laurentine-Léon revenait au ihéàtre de ses premiers succès; M ,,e Zulma Reslout, belle personne, avait déjà paru sur la scène du Gymnase-Dramatique ; M" 9 Daubrun ; M llr Jouassain, 1" prix du Conservatoire, débutait par l'emploi des jeunes premières avec son camarade Talbot, qui, lui aussi, croyait qu'une grande connaissance du théâtre, une volonté