CHAPITRE XVIII
Le 13 novembre, Sapho \ drame en un acte, en vers, de Philoxène Boyer. On connaît le sujet. Ces sortes de pièces ne brillent que par la forme et l'élude des caractères. Celle-ci, bien rimée, pleine de tirades savamment composées, plut beaucoup. L'auteur, qui étudiait avec amour les poètes grecs, avait répandu dans son ouvrage comme un parfum d'Hésiode. M"" Laurent jouait Sapho. (Bouchet, Martel, M l,e ' Théric, Jouassain.)
Le même soir, Les Baisers, comédie en un acte, en prose, d'Hippolyte Lucas. Une comtesse habile son château avec le docteur Remy. Le neveu du bonhomme s'y introduit sous la défroque de son oncle et parle d'amour à la comtesse dont il est épris. Tout finit par un mariage. (M™ 9 » Sarah Félix, Laurentine Léon ; M. Moreau-Sainti.)
Le 6 décembre, Les Ennemis de la maison, comédie en trois actes, en vers, de Camille Doucet ; charmant ouvrage où l'on applaudit des caractères bien observés, et quelques-unes des meilleures scènes de ce talent aimable el spirituel. Grand succès. La pièce est maintenant au répertoire de la Comédie -Française. (Bouchet, Moreau- Sainti, Têtard; M— Ro^er-Solié, Sarah Félix, Bilhaut, Fortin.)
Le 23 décembre, La Fin de la Comédie, comédie en deux actes, en prose, de Taxile Delord. La scène se passe en Allemagne. Deux jeunes mariés, la lune de
I. Théodore do Banville avait fait un charmant prologue à cette pièce; il ne put être dit, Altaroche l'ayant distribué trop tard. L'ouverture était de M. Ancessy.
miel finie, s'imaginent qu'ils ne s'aiment point; on leur conseille de divorcer; dès qu'ils sont libres de se quitter, ils s'aperçoivent qu'ils ne peuvent se passer l'un de l'autre. Pour faire vivre un tel sujet, surtout en trois actes, il fallait beaucoup de verve et d'esprit. L'auteur, journaliste distingué cependant, eut le tort de s'en passer Chute. Trois représentations. (Bouchet, Roger, Harville, Boudeville; M œe » Roger-Solié, Bilhaut.)
Le 4 janvier, Le Testament d'ln Garçon, drame en trois actes, en prose, de MM. Ch. Desnoyer et Eugène Nus. Ouvrage intéressant. Tisserant et Eugène Pierron débutèrent dans celte pièce et tirent beaucoup pour sa réussite. (M mcg Marie Laurent, Roger-Solié.)
Le i5, entre le Misanthrope et les Femmes savantes, Ode a Molièiuî, hommage dramatique à quatre personnages, de Théodore de Banville. Voici quelques strophes ciselées par le maître-ouvrier des Cariatides :
Peuple, je suis la Comédie, La Musc au sourire effronté' Que fuit la sottise, assourdie Aux carillons de sa gaieté.
C'est à moi de chanter Molière!
Moi, la Muse aux graves leçons, Qu'il a trouvée, aventurière, Errante à travers les buissons.
i. On sait lo parti que vient do tirer du môme sujet M. Victorien Sardou dans sa charmante comédie du Palais-Royal : Divorçotis !