‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 194 sur 221 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Le 6 septembre, réouverture avec les Familles, comédie en cinq actes, en vers, d'Ernest Serret. C'est l'histoire de deux familles, l'une heureuse par son travail, l'autre désunie par la faute du père. Intrigue simple, dénoûment trop prévu ; mais des caractères bien tracés, de belles pensées exprimées en jolis vers. Grand succès. Cette œuvre littéraire et morale obtint, sur le rapport de Sainte-Beuve, le prix de 3,000 francs fondé par le ministre Léon Faucher, pour le meilleur ouvrage dramatique de l'année. Vingt et une représentations. (Tisserant. Bouchet, Pierron, Néroud, Métrème, Tallin; M meâ Grassau. Boudeville, Hoger-Solié, Jeanne Anaïs.)

Le 19 septembre, deux, premières : Sois les pampres, comédie en un acte, en vers, de Jules Lorin. Le vieux Gellius aime Lesbie et veut l'enlever à Catulle; une pièce de vers que le poète fit contre César sert de prétexte a la dénonciation du jaloux. Heureusement, César est bon prince, et pardonna. Intrigue indigente rachetée par des vers élégants et faciles. Succès d'estime. Quinze représentations. (Bouchet, Talbot, Chéry, Métrème; M ,nes Sarah Félix, Lepetit), et Livre III, cuapitre 1", comédie en un acte, en prose, de MM. Eugène Pierron, Ad. Laferrière et H. Auger 1 . Une des

*iquo de Jacques Oflcnbaeh, elle est aujourd'hui l'un des p'.us grands sucés de l'Opéra-Comiq'ie.

\. C'est la coiné lie d'il. Auger : Un moyen damjcreur, représentée à Saint-Pétersbourg en mars 1841, arrangée pnr Pierron.

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petites pièces les mieux fa i tes du répertoire de l'Odéon. Répétée quelque temps au ThéA ire-Historique, elle passa avec un des auleurs au second Théâtre-Français et y obtint un très vif succès. Trente-quatre représentations. (Pierron, Néroud; M Ue Laurentine.)

Le 21 octobre, André del Sarto *, drame en deux actes, en prose, d'Alfred de Musset. Musique d'Ancessy. Ce n'était en réalité qu'une reprise, mais ayant tout l'attrait d'une première représentation. Deux ans auparavant, le 21 novembre 1848, cette belle œuvre n'avait réussi qu'à demi à la Comédie-Française. Tisserant, qui brûlait de jouer le rôle créé par Geflfroy, alla, le lendemain de son engagement à l'Odéon, demander à l'auteur la permission de la reprendre. On établit l'unité de lieu qui n'existait pas auparavant : les jolies scènes parasites furent retranchées, le dénouement fut changé : Cordiani mourut au lieu de fuir avec Lucrèce, et Ton obtint un très beau succès. Trente-sept représentations. (Tisserant, Martel, Roger, Harville, Fleuret, Tallin ; M me ' Sionah- Lévy, Bilhaut, Jeanne A nais.)

Le 6 novembre, Les Dhoits de l'homme, comédie en deux actes, en prose, de Jules de Prémaray. « Du côté de la barbe est la toute-puissance », dit Molière. Elle est plutôt du côté de la cornette, tend à prouver cet aimable

1. André del Sarlo avait paru pour la première fois en 4833 dans la Revue des Detu Mondes : imprimé en 1831, dans la i e livraison du Spectacle dam un Fauteuil; retouché pour la scène, réduit à deux acte* et représente sur lo Théâtre-Français le 21 novembre 1848 par Geffroy, Maillart et M"« Kimblol.

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