CHAPITRE IV
Le 27 septembre, — Le Maréchal de Biron, tragédie en cinq actes, en vers, par M. le comte Duparc de Loch- Maria; ouvrage estimable. La donnée de cette pièce a rappelé, paraît-il, au jeune parterre de l'Odéon le procès et la mort du maréchal Ney. Gomme on y appelait constamment Biron « le maréchal», la ressemblance a paru encore plus grande, aussi les applaudissements ont-ils été nombreux et le succès très vif. On a surtout souligné ce vers :
Les enfants des proscrits sont hommes avant l'âge.
(Perrier, Joanny, Provost; M' n " Charton/Anaïs.)
Le 30 septembre, — i'n Retour de jeunesse, comédie en un acte, en vers, de M. R. ***. Le dialogue valant mieux que la pièce, on n'a sifflé qu'à moitié. L'auteur anonyme la retira après la première.
Le 21 octobre, — Le Sacrifice interrompu, opéra en trois actes, musique de Winter, arrangée par MM. Voght et Crémont. Paroles traduites par MM. de Saur et de Saint- Geniez ; ouvrage un peu long, qui réussit cependant, grâce aux beautés musicales des premier et troisième actes.
(M™ 0 Montano.)
Le 27 octobre. — lœ Veuvage et les Fiançailles, comédie en quatre actes, en prose, par M. M.... Les sifflets accompagnèrent le premier acte, interrompirent le second et ne permirent pas d'achever le troisième.
(Samson, Duparai; M"" Anaïs et Brohan.)
Le S novembre. — A l'occasion de la Saint-Charles, le Règne de Titus, cantate nouvelle, musique de M. Verger.
Le 5 novembre. — Grand succès avec Fiesnue, tragédie en cinq actes, en vers, de M. Ancelot, sujet imité de Schiller et déjà traité par Saint-Marcelin et Lamartellière. Cette pièce n'eut que cinq représentations; elle lut reprise le 18 janvier 1826.
(David, Joanny, Provost; M lle Charton.)
Le 23 novembre. — L'Officier de fortune, comédie en un acte, en prose, par MM. Raissin et Descloseaux. Une seule représentation. Dès la huitième scène, les sifflets ont fait baisser la toile.
(Duparai, Provost, David, Samson"; M ,Ie Anaïs.)
Le 7 décembre. — Robin des bois, ou les Trois balles, opéra-féerie en trois actes, musique de Ch.-M. de Weber, arrangement ou imitation du Freyschiilz, par Castil-Blaze et Thomas Sauvage. Sans entrer dans le compte rendu de celte œuvre, qu'aujourd'hui tout le monde connaît, disons que Bernard l'avait admirablement montée. Au premier acte, l'on a remarqué et applaudi une fort belle chanson de table, d'un caractère tout à fait neuf; au deuxième acte, un duo agréable, un trio plein de sentiment et un chœur de divinités infernales; enfin le fameux chœur des chasseurs au troisième acte, obtint les honneurs du bis. Malgré toutes ces beautés, saluées au passage par des bravos, la première fut loin d'être un succès.
L'exécution, à l'exception de Valère et de sa femme, faillit tout compromettre; Campenaut, qui relevait de maladie, ne pouvait donner une seule note. Bernard dut venir réclamer pour lui l'indulgence. Plusieurs motifs de