I. Porle-Saint-Martin, Ambigu-Comique (mars 1864) et Gallô
*. Celle pièce est plutôt un travail d'assimilation qu'un drame original. Le récit de la chasse au lion est resté célèbre. Commencée le 7 juillet, elle fut finie le 10 août, à cent vers par jour. {Mémoires d'Alexandre Dumas.)
Le S novembre, Mihaueau 1 , drame en cinq époques et sept tableaux, de M. Bohain, obtint un demi-succès. Ce voyage à travers la vie du grand orateur eût paru long sans Frédérick, qui fut magnifique dans le rôle principal. On l'acclama quand il vint annoncer que l'auteur désirait garder l'anonyme. (Éric-Bernard, Doligny, Delaislre, Chilly ; M ,nos Noblet et Lagardère).
Le 14 novembre, Le clerc de LA Basoche, drame en cinq actes, en prose, de Scribe. Cette pièce, reçue par le comité de lecture du second Théâtre-Français en 1829, avait été arrêtée par la censure qui ne permit pas d'exposer sur la scène le personnage de Jacques Clément, par respect pour le saint ordre auquel il avait appartenu. Après 1830, le théâtre étant libre, Scribe, qui n'aimait rien perdre, tira du môme fonds deux pièces : un opéracomique, et un drame en société avec d'Êpagny. Pensant que le Théâtre- Français, qui cependant faisait des recettes pitoyables, leur rapporterait toujours plus que l'OdéOD, les deux auteurs portèrent leur drame rue de Richelieu. Harel, furieux de voir échapper un sujet sur lequel il comptait, rassemble les feuillets épars du manuscrit laissé à l'Odéon, et met Ta pièce immédiatement en répétitions; le vendredi 22 juillet 1831 , elle était affichée et allait être jouée : les auteurs l'interdirent. Procès ! Harel perdit, l'interdiction de la censure ayant rompu tout contrat. 11 en appela. Pour arrêter tout ce papier timbré inutile, Scribe promit satisfaction à Harel : il tira de son sujet
4. On donna à la même époque, et sous le même litre, un drame de Montigny, qui échoua.
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une troisième pièce, qui, jouée à la Comédie- Française le 17 août, sous le titre de Jacques Clément ou le Bachelier et te Théologien, -avec d'Épagny pour éditeur responsable, eut un demi-succès. La pièce qu'il donna sous son nom seul, à la rive gauche, n'eut que quatre représentations et ne fut pas même imprimée. (Lockroy, Chilly, Duparai, Delafosse, Éric-Bernard; M nes Noblet et Lagardère.)
Dès le commencement de 1831, Harel voulait abandonner l'Odéon qui le menait a la ruine, pour prendre un autre théâtre, mieux situé, et qu'il pourrait gouverner à sa fantaisie. On se souvient que la liste civile 1 accordait au second Théâtre -Français 13,800 fr. de subvention mensuelle, soit à peu près 170,000 fr. par an.
Le ministère de l'intérieur réduisit, en 1831, les 13,800 à 10,000, puis à 9,000 fr., déclarant qu'il n'était pas obligé de tenir les engagements pris par la liste civile, llarel se pourvut contre les décisions ministérielles devant le conseil d'État. Voici l'arrêt rendu à ce sujet, le 22 avi il :
« Considérant que le traité passé le 26 avril 1829 n'a a pas été soumis à l'approbation du ministère de l'inté- « rieur, qui seul pouvait engager les fonds de la subven- « lion votée par les lois des finances; que l'intendant de m la liste civile ne pouvait obliger le Trésor, et n'avait « capacité de disposer que des fonds qui lui étaient remis a par le ministre de l'intérieur, sans pouvoir contracter
4. Les subventions ne furent inscrites au budget des Chambres qu'après 4 830.
« d'engagement pour l'avenir, et disposer des deniers « qui n'étaient accordés par la loi des finances qu'au « ministre de l'intérieur responsable ;
« La requête du sieur Harel est rejetée. »
llarel, frappé par ce jugement, traita définitivement avec le théâtre de la Porte- Saint- Martin, et emmena une partie de sa troupe au boulevard, avec le Richard d'Arlington d'Alex. Dumas, que l'on répétait alors au second Théâtre- Français.
Pour terminer son contrat avec le ministère des beaux.- arts et finir certains engagements qu'il avait été forcé d'accepter, il fit jouer alternativement, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, ses deux troupes.
On vit d'abord arriver du boulevard le Napoléon à Schœnbrunn, avec Goberl; Yictomne ou la Nuit porte conseil, avec M" 0 Mélanie et le vertueux Moéssard; les Meuniers, ballet, puis Antony (Lockroy et M"" Dorval) ; le Ménage du savetier, vaudeville; les Victimes cloîtrées (Dorval) et les Dix francs de Jeannette, vaudeville l .
Le 24 décembre, on donne Marion De tonne, de Victor Hugo, qui venait d être représentée à la Porte-Saint- Martin sous la direction Crosnier. Lockroy jouait le rôle de Bocage ; Provost, Goberl et M"" Dorval, ceux qu'ils avaient créés. C'était finir l'année sur une belle reprise ; malheureusement, l'œuvre était mal mise en scène, pau-
4 . Entre autres spectacles, signalons celui du Î2 décembre : les Victimes cloîtrées, Victorine et Xapoléon à Sainte-Hélène. Le rideau levait à cinq heures et demie!