SECONDE PARTIE
PitTHOI^OGIE FO]«CTIO]«]ÏEIiI.E ENVISAGÉE DAUTS SA SYMPTOMATOLOGIE SOilIiUAIRE. — moi- CATIOIVS GÉIWÉRAI.ES ÇUI EUT RÉSUI^TEWT POUR LE TRAITEIUEIVT ET L HYGIÈIVE.
Résumé des éléments de la vision normale. — Diagnostic différentiel sommaire entre l'amblyopie et les anomalies de la réfraction. — Aspects généraux des troubles purement fonctionnels.
§ 31. Résumé des éléments de la vision normale. — L'exposé rapide des conditions normales de l'exercice de la vision que le lecteur vient de parcourir lui permettra , comme à nous, de conclure :
Que la réunion de cinq éléments principaux est nécessaire pour l'exercice régulier de la fonction, à savoir :
1» L'intégrité de texture et de sensibilité de la membrane spéciale (rétine) et du nerf qui s'épanouit dans son épaisseur (nerf optique) ;
2" L'intégrité de la transparence des milieux réfringents ;
.3° Un rapport exact entre la position de l'écran sensible, ou la longueur de l'œil, et la puissance réfringente de l'organe;
4° L'intégrité de la puissance qui préside à l'ajustement de l'œil aux distances, ou accommodation ;
5° L'intégrité des puissances qui gouvernent les mouvements des axes optiques, et leur harmonie avec celle qui procure l'accommodation.
Un trouble quelconque de la vue ne pourra donc avoir sa cause prochaine dans l'œil môme, que s'il dépend d'une altération survenue dans l'un de ces éléments organiques. L'exclusion démontrée de chacune de ces cinq origines met directement en cause le centre, cérébral lui-môme (amblyopie cérébrale).
§ 32. Diag-nostic différentiel entre l'amblyopie et les anomalies de la réfraction. —
L'intégrité anatomique des membranes profondes de l'œil, et celle de la transparence des milieux, ne pourront être distinguées l'une de l'autre, d'après les seuls dires des malades; il faut pour les différencier une intervention expérimentée de l'ophthalmoscope.
Mais il est un moyeu extrêmement simple de
trancher extemporanément, et avec une approximation sul'lisante pour la pratique, la question indécise entre l'intégrité de la transparence estimée cumulativement avec celle de la sensibilité spéciale, d'une part, et de l'autre, l'état de la rétraction. Ce moyen est sous la main de tous ; il consiste dans l'emploi de la carte percée du trou d'épingle.
Un trou d'épingle pratiqué dans une carte (on la choisira plutôt noire) et mis tout près de l'œil, ne donne passage qu'à de petits faisceaux cylindriques qui passent ou par l'axe même du système réfringent, ou du moins bien près de cet axe. Ces faisceaux ne sont donc point sensiblement déviés : l'appareil n'est pour ainsi dire plus un instrument de rélraction. Les images y sont nettes pour toutes les dislances, c'est lachambre noire mathématique de la lîg. 1 (§ 1).
Dès lors un œil dont les qualités sont plus ou moins notablement amoindries, et dont le trou d'épingle n'améliore pas le fonctionnement, ne pêche pas par la réfraction ; il y a lieu d'y suspecter la sensibilité rétinienne ou la transparence. C'est un cas d'ophthalmoscopie
Les circonstances symptomatiques qui accom-
1. L'exiguïlé du pinceau lumineux qui pénètre Jans l'ccil par le trou d'épingle exige que l'épreuve ne soit feite que dans de belles conditions d'éclairage.
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pagnent les cas dans lesquels le troa d'épingle n'améliore en rien la vision (amblyopies et défauts de transparence) seront examinées plus loin (§§ 68 et suiv.). Si au contraire, le trou d'épingle améliore la vision, soit de près, soit de loin, il est manifeste que les milieux sont transparents et que la sensibilité rétinienne est intacte. Nous nous trouvons donc en présence d'une anomalie de la réfraction statique ou de la réfraction accommodatrice.
§ 33. Aspects généraux des troubles purement fonctionnels. — Les malades chez lesquels le trou d'épingle améliore la vision se présenteront à nous sous les aspects suivants :
Le sujet y voit bien à distance, mais peu ou point de près.
Ou bien, c'est l'inverse; il peut lire, travailler sur des objets plus ou moins délicats ; — mais il n'y voit que peu ou point de loin.
Enfin d'autres, dont les milieux sont transparents, dont les membranes sont saines (puisqu'ils y voient assez bien ou très-bien au trou d'épingle), n'y voient que confusément, tant de loin que de près, à l'œil nu.
On rencontre encore des malades qui jouissent, disent-ils, d'une excellente vue, les uns de près, les autres de loin; mais cette vue ne dure pas; elle se trouble, se voile dans certaines circons-
tances, — des images se doublent, d'autres sont interrompues dans leur continuité ; des apparences diverses se montrent devant eux, etc., des douleurs se font sentir dans les yeux, autour des yeux, aux tempes, au front, au sinciput, etc., et cependant l'apparence extérieure des organes est magnifique (asthénopie) !
Quid? dans tous ces cas-là.
Cherchons-le avec le lecteur.